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Nouveaux services, adaptabilité,... comment le camping s'est réinventé et bat tous les records

Le secteur du camping vit une année record: nombre de nuitées, nombre de séjours, nombre de réservations... tous les voyants sont au vert. Du jamais vu dans l'histoire du camping. Explications de ce succès qui ne se dément pas d'années en années.

Les Français sont fous de camping. Le secteur vit une année record: la barre des 130 millions de nuitées devraient être dépassée. Du jamais vu dans l'histoire du camping. Pour le camping, le gros de l'activité, c'est évidemment entre juin et août. Là encore, des chiffres inédits: +21% de réservations cet été par rapport à 2021 selon l'observatoire de l'hôtellerie de plein air. Le début de saison a été très bon depuis début juillet. Le nombre de séjours est en hausse de 26%, en moyenne, par rapport à l'an passé.

Quand on arrive au camping de la Pinède, à Die, dans la Drôme, il y a du monde. Beaucoup de monde. Le paradis pour les enfants c’est bien la piscine. Pour Stéphanie, qui vient ici depuis plus de 8 ans, patauge avec son fils: "le camping c’est la liberté quoi. Tu te fais des potes, tu vas aux jeux." Nathalie aussi passe souvent ses vacances en mobile-home avec ses enfants l’été: "Je regarde s’il y a de l’eau… et puis le prix !"

Nature et services

Venu de Valence, à seulement une heure de route, Régis est en plein bain de soleil a choisi ce camping pour sa proximité avec son logement mais aussi pour la qualité des services proposés:

"On cherchait un petit coin de paradis pour s’évader un peu les week-ends.. puis je crois qu’on l’a trouvé quoi. On était en recherche de nature, d’évasion. Les quatre étoile et ce qui va avec c’est le petit bonus quoi finalement."

En contrebas du camping, un décor idyllique pour se détendre: la Drôme. C’est là que Laurent, retraité bien installé sur son immense bouée crocodile, mots fléchés dans les mains, passe toutes ses après-midi depuis quinze jours.

"Nous maintenant on est un peu restés dans l’âge où les enfants sont grands. On va encore en camping… avec un peu plus de confort. Quelquefois on part avec des formules tout compris. Où on a rien à faire. On doit pas faire à manger et on peut profiter des activités qui sont proposées. "

S'adapter à une nouvelle clientèle

Il y a aussi une nouvelle clientèle, plutot habituée à des vacances en hôtel ou à louer des maisons. Pour Charles, le camping avec ses trois enfants, c’est une première. Il était "impensable d’être en toile de tente", lui qui partait jusqu'ici "dans une maison de vacances en Bretagne." Les campings s'adaptent donc à cette clientèle un peu plus fortunée: bar-restaurant, jeux pour enfants, terrain de tennis, des excursions au départ du camping, ce sont désormais les attentes de nouveaux clients.

"On rencontre de plus en plus de personnes qui avaient l’habitude d’aller dans les 4-5 étoiles, les hôtels ou les clubs de vacances et qui reviennent un petit peu aux sources à des choses plus simples. Mais sans se priver", raconte Claudine, co-gérante du camping de La Pinède.

"Nous avons des personnes qui n’hésitent pas à prendre en plus des activités qui sont payantes, qui représentent un certain budget. Qui veulent faire des dégustations de vin, qui veulent acheter du vin.. qui arrivent avec un plus gros budget", explique-t-elle. Des formules qui séduisent: tous les hébergements du camping, de l’emplacement de tente au châlet sept places, sont réservés jusqu’à la fin du mois d’août.

Un véritable business

La France est le pays d’Europe avec le plus de camping. Depuis les années 90 de plus en plus de société privées investissent dans les terrains de campings. C'est devenu un vrai business. L’année dernière, le chiffre d’affaires du secteur s’élevait à 2,8 milliards d’euros. La pandémie n’a presque pas eu d’impact sur ces chiffres. Dès 2021, l’hôtellerie de plein air a su tirer son épingle du jeu et a été le mode d’hébergement le plus résilient avec une baisse de seulement 0,8 % de fréquentation. A titre de comparaison, côté hôtels on était toujours à - 16% par rapport au niveau d’avant-crise.

"Les phénomènes de crise économique, les phénomènes de crises sanitaires font que le grand tour à travers le monde ou à travers l’Europe s’est réduit à un tour de France. Les vacanciers français partent beaucoup plus en vacances et donc forcément investissent les espaces de vacances et en particulier les campings", explique Olivier Sirost, sociologue des loisirs.

Le camping est devenu moderne

Cet aspect économique est important pour comprendre le succès des campings. Mais leur adaptabilité permanente aux attentes des vacanciers explique aussi ce succès. En fait, le maitre mot c’est: à chaque campeur son camping, qu’on veuille se rapprocher de la nature, passer des vacances sportives, en famille ou se détendre les pieds dans l’eau.

"Le succès du camping aujourd’hui tient dans son renouveau. Grâce à leur métamorphose avec complexe aquatique, fitness et tout service all inclusive qui sont également des phénomènes plus écolos: des campings à la ferme. Le camping de votre petite enfance où on restait trois semaines sont des campings où on reste une semaine, parce que ça a un coût."

Il faut 490 euros en moyenne pour pour une semaine dans un hébergement locatif de quatre places. Des prix qui restent très attractifs alors que l’inflation bat tous les records et que le budget vacances rétrécit. Le camping reste à niveau de gamme équivalent le mode d’hebergement le moins cher et c’est une des raisons pour lesquelles il séduit autant.

Siam Spencer (avec Maxime Martinez)