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"On veut gouverner nous-même": pourquoi les "gilets jaunes" ont placé le RIC au cœur de leurs revendications

Après un week-end de mobilisation en baisse pour les "gilets jaunes", le gouvernement appelle à lever les blocages. Mais certains manifestants ne l'entendent pas de cette oreille. Illustration à Saint-Vaury commune de 2.000 habitants, dans la Creuse.

66.000 "gilets jaunes" étaient mobilisés sur l'ensemble du territoire ce samedi. Moitié moins que la semaine d'avant. Est-ce un signe d'essoufflement du mouvement?

Pas question pour Grégory, "gilet jaune" de la première heure à Saint Vaury: "Venez dans nos campagnes et vous verrez que le mouvement ne s’essouffle pas". 

Les mesures pour un meilleur pouvoir d'achat annoncées par Emmanuel Macron ne l'ont pas convaincu: "Le gouvernement peut dire ce qu'il veut, je resterai là quand même".

A ses cotés, Paquita, ne cache pas sa détermination et ses craintes: "Si on nous fait libérer les ronds-point, on se débrouillera d'une autre manière. Mais on arrêtera pas le combat.On est en train de nous égorger, de crever. Et nous on a pas envie de crever".

L'instauration du RIC revendiquée

Instaurer un RIC, soit un référendum d'initiative citoyenne, est la revendication qui ne cesse de grandir ces derniers jours chez les "gilets jaunes". "On veut gouverner nous même" précise Paquita.

Les citoyens pourraient ainsi réclamer un vote sur un sujet sans passer par leurs représentants. Ces votes permettrait de proposer une loi, d'en amender une, de demander une modification de la constitution ou de réclamer la révocation d'un élu politique. Ce type d'initiative existe déjà dans un certain nombre de pays, comme en Italie et en Suisse.

Dans les colonnes des Echos, le Premier Ministre, Edouard Philippe, n'a pas rejeté l'idée, se disant être "prêt à ouvrir le débat". "C'est un bon instrument pour la démocratie" a t-il affirmé. 

Marie Monier (avec J.V)