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Abattage massif de canards pour endiguer la grippe aviaire: "Que ce scénario catastrophe s'arrête"

Un abattage de centaines de milliers de canards élevés à l'air libre dans 42 communes du Sud-Ouest va débuter ce jeudi dans l'espoir d'endiguer la grippe aviaire. Interrogés par RMC, des éleveurs disent "comprendre" la situation mais "s'inquiètent pour l'avenir de leur filière".

Des centaines de milliers de canards élevés à l'air libre vont être abattus dans le Gers, les Landes et les Hautes Pyrénées (42 communes au total, ndlr) à partir de jeudi dans l'espoir d'endiguer l'épidémie de grippe aviaire, un rude coup pour la filière avicole. La zone d'abattage comprend un million de palmipèdes "en parcours" prêt-à-gaver, c'est-à-dire âgés de trois à 13 semaines, exposés au passage des oiseaux sauvages qui transmettent le virus H5N8, et appelés à être transportés pour être gavés, a indiqué le ministère de l'Agriculture.

La ferme de Rodolphe Conraud, éleveur de canards dans le Gers à Mauléon-d'Armagnac, a été contaminée par la grippe aviaire. Conséquence: le 10 décembre dernier, tous ses canards ont été abattus. Devant la progression des foyers dans son département, il comprend la décision radicale du ministère. "C'est normal que l'on soit obligé de tout détruire, assure-t-il sur RMC. La grande majorité du département des Landes n'est pas touchée donc il faut absolument sauver au moins cette partie-là. Mais ça veut dire que tout ce qu'on a mis au point ne fonctionne pas. C'est inquiétant".

"C'est difficile à vivre"

"Alors qu'on a fait tout ce qui avait été demandé par les services vétérinaires et les coopératives, on se retrouve avec un épisode de grippe aviaire supérieur à celui de l'an dernier, déplore encore cet éleveur. Du coup, on se demande si notre activité est viable ou non. Car si chaque année il faut s'arrêter un certain nombre de mois ou détruire tous les canards, c'est inquiétant". Christophe Barrailh, élève, pour sa part, des canards aux confins des Landes, du Gers et des Hautes-Pyrénées. Ce jeudi, son élevage est concerné par les mesures d'abattage.

"C'est difficile à vivre, confie-t-il. Ceci dit ce que nous souhaitons vraiment c'est que le virus soit enfin contenu et que ce scénario catastrophe, qui voit, jour après jour, cette zone s'étendre inexorablement, s'arrête. Il s'agit de réussir l'opération et de ne pas redémarrer trop tôt pour ne pas produire de nouveaux foyers. Mais il ne faut pas trop tarder non plus parce que chaque jour d'arrêt d'activité génère des pertes économiques très, très importantes pour notre filière. Plus précisément, on estime l'arrêt à un trimestre et des pertes cumulées pour la filière proche de 80 millions d'euros".

Maxime Ricard avec Claire Checcaglini