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Bientôt des ordonnances délivrées directement par des infirmiers?

La majorité a déposé une proposition de loi pour que les infirmiers en pratique avancée puissent avoir des missions plus larges, avec notamment la possibilité de délivrer des ordonnances. Cette proposition de loi vise à améliorer l'accès aux soins, mais ravive la colère des médecins généralistes.

Une proposition de loi de la majorité pour que les infirmiers puissent délivrer directement des ordonnances est examinée à partir de lundi à l'Assemblée. L’objectif est d’ouvrir aux patients l’accès direct aux infirmiers en pratique avancée, les IPA, et permettre à ces professionnels de santé d’exercer des missions et des compétences plus poussées, jusque-là dévolues aux seuls médecins.

En cas d'adoption de cette loi, plus besoin par exemple de passer par un médecin généraliste pour une ordonnance de kiné ou d'orthophoniste. Les IPA, ces infirmiers en pratique avancée, eux auraient le statut de praticiens.

Mais leurs consultations se font dans le cadre d'une équipe, insiste Julie Devictor, présidente du conseil national professionnel des IPA.

“On peut compléter l’offre de soins, y compris en premier recours de celle qui est proposée par les médecins. En cas de doute, de toute façon, il y a un échange permanent avec les médecins et il s’agit d’un travail d’équipe”, assure-t-elle.

Inquiétude des médecins

Avec cette réforme, ces infirmiers pourraient aussi soigner des maladies bénignes de type grippe, gastro, et prescrire des médicaments. Et c'est cela qui inquiète Agnès Giannotti, médecin généraliste et présidente du syndicat MG France.

“Moi, je peux dire qu’une pathologie est bénigne quand j’ai fait un diagnostic. Je ne peux pas le dire quand la personne entre dans mon bureau. Je n’en sais rien. Donc on leur demande de faire une démarche de diagnostic alors qu’elles n’ont pas la formation et alors qu’elles n’ont pas l’équipe qui permet éventuellement de se concerter s’il y a une difficulté. Et nous, on va se retrouver avec des gens qui auront des gros problèmes parce qu’il y aura eu des erreurs d’aiguillage”, appuie-t-elle.

Aujourd'hui près d'un Français sur dix n'a pas de médecin traitant.

Amandine Réaux avec Guillaume Descours