RMC

Covid-19: "La situation est déjà intenable, si ça continue...", le constat alarmiste en réanimation en Seine-Saint-Denis

Le professeur Yves Cohen, chef du service de réanimation à Bobigny (Seine-Saint-Denis), était l'invité de RMC ce vendredi matin et dresse un portrait peu glorieux de la situation actuelle.

La situation sanitaire est sous tension en Île-de-France. Lors de sa conférence de presse jeudi soir, le ministre de la Santé Olivier Véran a dressé un tableau alarmiste de la situation dans la région de la capitale rappelant qu'un patient toutes les douze minutes entrait en réanimation.

Le professeur Yves Cohen, chef du service de réanimation à Bobigny (Seine-Saint-Denis), dans une zone particulièrement touchée par le virus, témoigne de la situation tendue dans son établissement.

"Aujourd’hui, nous sommes à 40 lits de réanimation sur notre groupe hospitalier au lieu des 16 lits habituels. On transforme des services, des unités en réanimation (...) mais le nombre d’infirmières et de médecins qui connaissent la réanimation est limité"

>> A LIRE AUSSI - Covid-19: un reconfinement "dur" évoqué au sein de l'Exécutif

La lassitude et la colère commencent à frémir chez les soignants. "Un ras-le-bol se met en place" au sein de ses équipes qui "travaillent en heures supplémentaires" assure Yves Cohen.

"Ce qu’on voit depuis la 1e vague, c’est une lassitude qui entraine des burnouts et des personnels qui quittent le métier"

Concernant les déprogrammation d’opérations, le professionnel de santé comme nombreux de ses collègues estiment que c'est particulièrement inquiétant :

"Nous n’avons pas encore rattrapé le retard accumulé lors de la 1ère vague, ça n’est plus possible. Les patients ont l’impression d’un abandon de l’hôpital, ce qui est le cas."

S'il n'appelle pas clairement à un confinement, il craint les conséquences d'un non-confinement.

"L’arrivée des patients en réa se fait toujours 15 jours après le contact avec le Covid. Si on décide faire un confinement la semaine prochaine, on n’aura pas de diminution d’entrées avant 3-4 semaines. La situation est déjà intenable maintenant. Imaginez dans 4 semaines elle sera", conclut-il.
J.A.