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Covid-19: le taux de positivité de 0,5% dans les écoles bien en dessous de la réalité?

Un taux de positivité à l'école de 0.5%, alors qu'au niveau national il s'établi à près de 8%, est-ce que ça a vraiment du sens?

Entre 0.35% et 0.5% d'enfants testés positifs à l'école. Et près de 2000 classes fermées. C'est le bilan fait vendredi par Jean-Michel Blanquer, grâce à la campagne de tests salivaires à l'école lancée au début du mois. Pourtant, il ne faut pas interpréter ce chiffre bas comme un signe que le virus ne circule pas à l'école.

D'abord, parce que toutes les écoles n'ont pas encore été testées. Quand c'est le cas, les enfants absents pour cause de Covid ne sont pas prélevés. Et selon le ministère de l'éducation 20 à 30% des parents refusent que leur enfant participe à ce test. Ce qui fait dire à Pierre Favre, vice-président du syndicat national des écoles, que ce chiffre est à relativiser.

“On a pris une photographie à l’instant T d’une partie seulement des écoles. Et dans ces écoles d’une partie seulement des élèves”, affirme-t-il.

Il y a effectivement un décalage entre les données du ministère et celles de Santé Publique France, reconnaît le cabinet de Jean-Michel Blanquer. Qui insiste plutôt sur l'utilité de ces prélèvements salivaires: casser les chaînes de communication. 

Des cas de Covid découverts

Et ça fonctionne parfois sur le terrain, reconnaît Guislaine David, porte-parole du syndicat d'instituteurs Snuipp-FSU.

“On a eu des classes où il n’y pas de cas avérés et les tests ont montré qu’il y avait des cas positifs parfois asymptomatiques. Et ça a provoqué à certains endroits des fermetures de classes”, indique-t-elle.

Une campagne de tests salivaires dans les écoles rendue difficile par les contaminations en hausse du personnel éducatif. D'autant que les remplaçants sont également sur le point de devenir une denrée rare.

Quelles sont les conditions qui conduisent à fermer une classe?

Tout dépend des niveaux scolaires.

On commence avec les maternelles : puisqu’à cet âge-là les enfants ne portent pas de masque, si un cas est détecté, l’ensemble de la classe est considéré comme cas contact, elle est donc fermée et tous les élèves doivent s’isoler pendant 7 jours. Les élèves mais pas le professeur, qui est, lui, masqué… D’ailleurs, cela marche dans les deux sens, si c’est l’enseignant qui est testé positif, ses élèves ne sont pas des cas contact.

En primaire, collège et lycée, tout le monde est masqué, donc les règles changent un peu. Un cas positif n’entraîne plus nécessairement la fermeture de la classe. Seuls les élèves qui ont eu des contacts rapprochés avec leur camarade infecté sont déclarés cas contact, par exemple s’ils ont mangé ensemble à la cantine ou fait du sport en duo. Et puis si trois élèves de la même classe sont positifs, pas de débat, on ferme une semaine.

A noter: en cas de présence d’un variant brésilien ou sud africain, un seul élève positif suffit à fermer la classe. Pour le variant anglais, c’est encore différent, cela dépend de la situation épidémique du département concerné, c’est donc l’Agence régionale de Santé qui tranche en dernier ressort…

Benoît Ballet avec Guillaume Descours