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"Des premiers de cordée aux premiers de corvée": les maires craignent de ne pas être prêts à temps pour le déconfinement

Ecoles, cantines, espaces publics... L'organisation des communes est chamboulé par cette épidémie de coronavirus avec la perspective du déconfinement le 11 mai.

Ils sont en première ligne, à l'approche du 11 mai, date du début du déconfinement. Réouverture des écoles, achat de masques pour la population, distribution de gel hydroalcoolique, reprise des transports... Les élus locaux sont au coeur du dispositif.

Et beaucoup d'entre eux montent au créneau: ils réclament d'avantage de concertation et s'interrogent sur leurs capacités à mettre en oeuvre la feuille de route du gouvernement. 

Ce jeudi, à l'issue d'une réunion d'Emmanuel Macron avec des élus, l'Elysée a annoncé qu'il n'y aura pas de déconfinement "régionalisé" mais "adapté aux territoires", que le retour à l'école sur la base du volontariat des parents. Avec une ligne directrice: le déconfinement doit se préparer avec les maires, a insisté Emmanuel Macron, selon des propos rapportés par l'Élysée, et le cadre national devra être adapté et "territorialisé", mais pas par régions, "qui ne correspondent pas aux réalités des territoires". La rentrée scolaire du 11 mai sera "progressive, concertée avec les élus locaux et adaptée aux réalités locales", a ajouté l'Élysée, notamment en fonction de la taille des communes.

"Masques, écoles... Sur le terrain ce n'est pas si simple"

Sauf qu'à 15 jours, à peine, de la présentation du grand plan de déconfinement, les questions sont encore nombreuses: comment faire fonctionner les salles de restauration scolaire, les salles de siestes, faut-il équiper toute la population en masques?

Pour beaucoup d'élus, la préparation du déconfinement est un chantier titanesque. Exemple à Trilport, commune d'environ 5.000 habitants, près de Meaux, en Seine-et-Marne.

Remettre sa commune en ordre de marche, la préparer au déconfinement, c'est l'obsession de Jean-Michel Morer, le maire de Trilport, en première ligne face aux craintes de ses administrés.

"On parlait des premiers de cordée, là c'est les premiers de corvée. Les habitants entendent parler à la télé, des masques obligatoires, de l'école... Sur le terrain ce n'est pas si simple."

"On a des habitudes de travail qui sont entièrement à revoir"

La grosse inquiétude, c'est l'école justement, avec 500 élèves à accueillir, des classes à dédoubler, une cantine à réorganiser. Emilie Tribouillois est la directrice générale des services de la commune.

"C'est un casse tête, on a des habitudes de travail qui sont entièrement à revoir. C'est le plus compliqué. La sortie de l'école, la découpe de la viande pour les petits, quelles distances, masques ou pas masques..." 

Malgré les efforts du maire et ses nombreuses nuits sans sommeil. "On a un défi, c'est réussir ce rendez-vous avec les habitants et le pays", lance Jean-Michel Morer, qui n'imagine pas un retour à la vie normale dans sa commune avant le mois de septembre.

Paul Barcelonne et Martin Bourdin