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Double explosion à Beyrouth: les hôpitaux, déjà éreintés par la crise sanitaire, sont submergés

Selon le dernier bilan la double explosion de mardi à Beyrouth a fait plus de 110 morts, des milliers de blessés. Les hôpitaux déjà éreintés par la crise économique, la crise du Covid, sont submergés.

Alors que l'aide internationale a commencé à arriver à Beyrouth mercredi après les explosions qui ont frappé la capitale du Liban, les hôpitaux sur place restent saturés. Manque de matériel, de produits anesthésiant, de sang, les centres de soins étaient déjà sous pression avec la crise économique et la pandémie de coronavirus, aujourd'hui ces établissements sont complètement dépassés.

Gravement blessé au dos, Wissam a dû se rendre dans trois hôpitaux avant de pouvoir enfin être opéré. Moins de 24 heures,après, il a dû rentrer chez son frère. 

“Normalement, j’aurais dû rester en observation au moins 24 heures, faire une radio, un scanner, pour voir si les organes n’étaient pas atteints. Mais ils ne pouvaient pas le faire, les hôpitaux étaient saturés. Du coup, je suis allé dans une pharmacie. Beaucoup changent les bandages des gens et ils le font gratuitement. Donc je suis allé me faire changer les bandages et j’essaye de ne pas trop bouger pour ne pas que les points de suture se détachent”, raconte-t-il. 

Manque de sang

Mais la saturation n’est pas le seul problème, les hôpitaux manquent de matériel. Le Chirurgien Marwan Baaklini, travaille à l'hôpital St Joseph de Beyrouth.

“C’est vrai qu'après 10 heures de travail, aux urgences surtout, on manquait de fil de suture parce que le stock s’est épuisé, parce qu’il y a eu beaucoup de malades. Ca commence à manquer tout comme le sang, parce que les gens ne se déplaçaient pas beaucoup pour donner leur sang”, explique-t-il. 

Les blessés plus légers ont été envoyés dans des hôpitaux à 50 kilomètres de Beyrouth. 

Margaux Bédé avec Guillaume Descours