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"Elle est partie injustement": le combat des familles dont les parents sont morts après avoir contracté le Covid-19 à l'hôpital

Elle "protège des professionnels de santé corrompus et maltraitants": des syndicats et patients demandent la dissolution de l'Ordre des médecins

Elle "protège des professionnels de santé corrompus et maltraitants": des syndicats et patients demandent la dissolution de l'Ordre des médecins - AFP

Les familles des victimes du Covid-19 attrapé en maladie nosocomiale attendent des explications et des excuses.

Ce ne sont pas forcément les lieux où l'on penserait être contaminé par le coronavirus, mais les hôpitaux sont aussi parfois des vecteurs de l’épidémie. Selon Santé Publique France, les établissements de soins ont ainsi été responsables de plus de 44.000 cas de Covid19, soignants et patients compris, entre le 1er janvier 2020 et le 14 février dernier. Parmi eux, plus de 26.800 patients contaminés lors d'un passage à l'hôpital, dont 186 sont décédés.

Toujours selon l'agence sanitaire gouvernementale, 57% des contaminations sont issues de malades présents dans l'hôpital, alors que 34% des cas sont liés à une transmission par un soignant, et dans 6% des cas, c'est un visiteur qui a transmis le virus à une personne hospitalisée.

Pour les familles de victimes, s'ajoute souvent à la douleur du décès le besoin de comprendre ce qu'il s'est passé à l'intérieur de la structure de soins. Certaines ont déjà constitué un dossier pour demander des comptes à l'hôpital qu'ils accusent. 

"Elle allait avoir une arrière-petite-fille au moins d'avril et je pense qu'on lui a enlevé le droit de la connaître"

Nous sommes allés à la rencontre de Nathalie. Sa maman âgée de 89 ans a contracté le Covid19 à l'hôpital avant d'en mourir. Elle attend désormais des explications, et des excuses. Elle tient devant elle le dossier médical de sa mère, la preuve pour elle que sa maman âgée de 89 ans a contracté le coronavirus à l'hôpital, avant d'en mourir une semaine plus tard.

"Elle est entrée suite à une chute, elle a été testée négative le 24 décembre, et elle n'a pas bougé de l'hôpital jusqu'au 18 janvier et le 18 janvier brutalement c'est devenu positif. Pour moi elle l'a attrapé à l'hôpital c'est clair."

Cette mère de famille de 54 ans a écrit à la direction de l'hôpital. Elle veut que l'on reconnaisse que des erreurs ont été commises.

"Je veux me battre pour la mémoire de ma maman. Elle est partie injustement. Je veux éviter avant tout ce genre de choses pour d'autres personnes. Elle allait avoir une arrière-petite-fille au moins d'avril et je pense qu'on lui a enlevé le droit de la connaître."

"Ce sont avant tout des actions pour comprendre ce qu'il s'est passé"

Sans réponse satisfaisante de l'hôpital, Nathalie envisage de recourir à un avocat. Maître Jean-Christophe Coubris, avocat au barreau de Bordeaux, représente vingt familles dans des situations similaires à celle de Nathalie. Plusieurs dossiers ont déjà été remis à une commission de conciliation et indemnisation.

"Ce sont avant tout des actions pour comprendre ce qu'il s'est passé. Essayer de faire de sorte à ce que dès demain on fasse preuve d'encore plus de prudence pour éviter des contaminations absurdes. Et aussi, car c'est une réalité, rechercher une indemnisation"

Des procédures civiles permettent selon cet avocat d'obtenir un rapport d'expertise en 6 mois.

Benoit Ballet (avec J.A.)