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"J’ai beau me laver les mains avec du gel hydroalcoolique 75 fois par jour, je suis confrontée au virus": cette enseignante demande à être vaccinée au plus vite

Le nombre de classes fermées a doublé en une semaine. Un peu plus de 2000 selon les chiffres du ministère publiées vendredi. Le nombre d'enfants contaminés a franchi la barre des 15.000 malades.

Quand ses élèves de petite section entrent dans sa classe Caroline Costa Payen admet ne pas être sereine. Et cette angoisse la poursuit toute la journée face aux tous petits avec qui il est difficile de toujours mettre des barrières.

“Un enfant vient vers moi avec un chagrin, je le prends dans mes bras. Son visage est proche du mien, son nez va couler, ses larmes vont couler. J’ai beau me laver les mains avec du gel hydroalcoolique à peu près 75 fois par jour, je suis confrontée au virus”, assure-t-elle.

Épuisée, cette institutrice du Val-de-Marne aimerait, comme les soignants, pouvoir se débarrasser de cette épée de Damoclès. “Je veux pouvoir aller travailler sans avoir peur, pouvoir faire mon métier d’enseignante et être au mieux pour mes élèves. Donc c’est important qu’on soit vacciné nous aussi”, appuie-t-elle.

Une nécessité pour que l'école puisse tenir?

Un autre enseignant dans un lycée de Roubaix lance le même appel parce qu'il souffre de comorbidités. François Da Rocha Carneiro est contraint de donner cours depuis chez lui, dans de mauvaises conditions : ce professeur d'histoire a besoin du vaccin pour retrouver ses élèves.

“Je suis obligé de rester à l’écart pour courir le moins de risque possible et donc être confiné depuis le mois de novembre. Ce n’est pas tenable. Ces élèves ont besoin d’une présence humaine et non d’une présence numérique”, ajoute-t-il.

La même impatience parcourt une partie de la profession. La vaccination des enseignants doit rapidement devenir la prochaine priorité insiste Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat des enseignants de l'Unsa. "Depuis plusieurs jours, on voit monter les absences de personnels malades, de cas contacts. Et donc tout ça fait qu’il y a une grande difficulté à maintenir l’accueil des élèves. Si on veut que l’école puisse tenir pendant de longues semaines, il faut absolument cette priorité vaccinale”, indique-t-il.

Il faut que les critères de priorité changent, demande le député France Insoumise de Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel, pour que ce ne soit plus seulement l'âge ou l'état de santé qui prime.

"Ça ne veut pas dire qu’il ne plus vacciner ceux qui présentent le plus de risque, mais il faut vacciner ceux qui ont le plus de risque d’être contaminés. À partir du moment où vous êtes exposés et qu’en plus vous n’avez pas le choix, ça semble normal qu’on vous vaccine”, fait-il valoir.

L'Italie, l'Allemagne ou les Etats Unis ont commencé à vacciner les enseignants contrairement à la Norvège ou la Suède.

Florian Chevallay et Nicolas Traino avec Guillaume Descours