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"J'aurais préféré mourir à côté de chez moi": cette Française a fait le choix de l'euthanasie en Belgique

Alors que la pratique est encore interdite en France, le Comité consultatif national d'éthique vient d'émettre un avis défavorable à la légalisation de l'euthanasie. Pourtant, de nombreux Français considèrent que la loi Claeys-Léonetti, datant de 2016, est insuffisante et décident de se faire euthanasier en Belgique. C'est le cas de Françoise, atteinte d'un cancer incurable, que RMC a rencontré.

Dans l'Est de la France, une française de 59 ans a pris la décision d'aller se faire euthanasier en Belgique. En 5 ans, Françoise a déjà subi 11 opérations. Au visage, sur le corps. Partout où le cancer vient se nicher.

"Je veux que quand je souffre trop, je puisse dire stop"

Mais Françoise sait qu'elle est condamnée. Et la seule chose qu'il lui reste, c'est choisir quand elle partira.

"J’ai pas envie d’être à l’hôpital les deux dernières années ou les deux derniers mois de ma vie et qu’un médecin me dise, vous voyez, je vous ai vu sourire avec l’infirmière hier, c’est signe que tout va bien. Je veux que quand je jugerai moi, pas le médecin, que je souffre trop, je puisse dire stop".

"Si on avait une loi simple en France, on n’aurait pas besoin de faire tout ça"

Françoise a donc décidé d'ouvrir un dossier d'euthanasie en Belgique. Des rendez-vous répétés avec les médecins belges, des aller-retour fatigants: un parcours du combattant pour les malades.

"Je suis en colère contre ceux qui nous gouverne. Si on avait une loi simple en France, on n’aurait pas besoin de faire tout ça. Je vais être expatrier, je vais mourir en Belgique mais j’aurai préféré mourir à côté de chez moi".

Celle qui a aidé Françoise dans ses démarches, c'est Claudette Pierret. Bénévole dévouée de l'association pour le droit à mourir dans la dignité: "Depuis hier midi, j’ai reçu trois demandes et j’en ai quasiment tous les jours".

"Il y en a trop. C’est triste à dire mais c’est comme ça"

Des patients atteints de cancer, de la maladie de Charcot, que Claudette met en contact avec le docteur Yves de Locht, un des rares médecin belge à accepter d'aider les Français. Et qui se retrouve lui aussi débordé.

"Il y en a trop. C’est triste à dire mais c’est comme ça. Ma pratique c’est d’abord en Belgique. Je soigne des patients belges et après je m’occupe des Français. On ne peut pas toutes les assumer. C’est impossible".

Celle de Françoise, elle, sera assumée. Quand elle souffrira trop, elle se rendra en Belgique. Pour avoir "une belle mort, dit-elle. Aussi belle qu'aura été sa vie".

Marie Regnier (avec C.P.)