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Le Covid a-t-il un impact sur les addictions?

La crise sanitaire peut entrainer l'absence de cadre, la précarité ou l'isolement: des situations qui peuvent déboucher sur des comportements addictifs.

La période actuelle, anxiogène, stressante, sans fin peut favoriser les comportements addictifs. Tabac, alcool, drogues, médicaments, les addictions sont les effets collatéraux de la crise du Covid -19.

Confinement, couvre feu, restrictions, pour Fleur, 20 ans, c'est clair. “Non, ce n'est pas la période pour arrêter des trucs. Un problème après l’autre. J’arrêterai la clope quand j’irais mieux”, indique-t-elle.

Un mal-être qui se ressent dans sa consommation de tabac. “Je fume plus, vu que souvent je suis seule chez moi et que je suis mes cours en visio. Du coup, ça m’arrive de fumer des clopes en vision quand je travaille. C’est le fait d’être tout seul et de meubler”, indique-t-elle.

A ses côtés, il y a Jean. Lui a vu sa consommation d'alcool changer, avec la crise sanitaire.

“Effectivement, je me bois des fois une bière seul alors que je ne le faisais pas. Avant j’achetais des bières quand on faisait un apéro avec des potes, maintenant, j’ai des bières dans le frigo pour si jamais j’ai envie de m’en prendre une petite le soir”, assure-t-il.

Un constat partagé par les plus vieux. “Tu bois un petit coup à midi, un petit coup le soir. Et c’est vrai que c’est un petit peu dangereux”, affirme-t-il.

Une consommation en augmentation

À 70 ans, Denis a eu besoin d'une alerte de son médecin pour ouvrir les yeux et se rendre compte du problème. “Mon médecin m’a dit que mon cholestérol n’était pas terrible et qu’il fallait remédier à ça. Depuis, j’ai repris des bonnes habitudes en me disant méfiance et pas d’abus”, explique-t-il.

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Fleur, Jean et Denis ont la chance de se rendre compte de l'augmentation de leurs comportements addictifs. Ce n'est pas le cas de tout le monde. Christian Andréo, directeur de l'association Adixio, qui travaille sur la gestion des addictions, a quelques conseils.

“La première question à se poser, c’est quelle était ma consommation il y a un an, quand tout était normal. Est-ce que je consomme plus? Est-ce que je bois seul? Et puis de surveiller un peu son entourage, et de ne pas minimiser les appels au secours. On peut éviter de stocker de l’alcool”, indique-t-il.

Autre conseil, faire très attention aux mélanges, comme l’alcool avec les médicaments. Il faut également suivre plus que jamais les prescriptions médicales en cas de prise d'anxiolytiques ou d’antidépresseurs. 

Rémi Ink et Aymeric Dantreuille avec Guillaume Descours