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Le gouvernement envisage une prime en faveur des "travailleurs de la 2e ligne": êtes-vous concerné?

Le gouvernement devrait acter ce weekend les modalités d'une nouvelle prime pour les travailleurs ayant subi les conséquences du Covid-19 et contribué à l'effort collectif.

Le retour de la "prime Macron". Aides à domicile, caissières, agriculteurs, salariés des transports... Le gouvernement cherche à revaloriser les travailleurs de "seconde ligne". La mission mise sur pied pour identifier précisément ces métiers rendra ses conclusions à la mi-journée aux partenaires sociaux. 

Ses travaux vont servir d'appui aux négociations de branche qui devront s'ouvrir cette année. En attendant des revalorisations pérennes, le gouvernement souhaite donc que les employeurs versent une prime exceptionnelle à ces salariés. L'annonce doit être faite lundi par Jean Castex, lors de la Conférence sociale.

Interrogé par l'AFP vendredi, Matignon affirme que rien n'est "acté". Une autre source gouvernementale convient que cela fait partie des pistes de réflexion, mais qu'il "appartient au Premier ministre de décider". 

Pour inciter les entreprises à faire ce geste financier, le gouvernement compte l'exonérer d'impôt et de cotisations sociales, comme c'était déjà le cas pour la prime Macron, cette enveloppe plafonnée à 1.000 euros et versée selon le bon vouloir des employeurs à 5 millions de salariés les deux dernières années.

Qui est concerné?

La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a lancé début novembre une mission, confiée à Sophie Moreau-Follenfant, dirigeante du gestionnaire du réseau à haute tension RTE, et Christine Erhel, économiste (Cnam), sur ces travailleurs particulièrement exposés pendant la crise sanitaire et dont le rôle s'est avéré crucial pour la continuité économique (travailleurs du bâtiment, aides à domicile, vendeurs, gardiens...).

Les auteurs ont croisé deux critères, l'exposition au risque Covid-19 (contact direct avec le public, les collègues, exposition aux risques infectieux) et la présence sur site pendant le premier confinement, qui ont permis d'établir une liste de 17 métiers.

Quinze branches, qui "comprennent au moins 50% de ces métiers et pour lesquels l'effectif de salariés dits de deuxième ligne est supérieur à 30.000", ont été identifiées, a détaillé Mme Moreau-Follenfant. Elles totalisent un peu plus de trois millions de salariés de deuxième ligne, les plus gros effectifs se trouvant dans le bâtiment, les transports routiers, le commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, les entreprises de propreté.

Les représentants de ces quinze branches seront conviés à un séminaire a priori "début mai", pour déterminer les sujets pouvant faire l'objet d'accords ou de concertations. 

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Compliqué à mettre en oeuvre au niveau de l'entreprise?

Mais les modalités précises seront seulement arrêtées ce week-end. Chez les partenaires sociaux, les réactions sont partagées. "C'est toujours bon à prendre, même si on aurait préféré qu'ils augmentent le Smic", estime un responsable syndical.

Un autre fustige un coup de communication sans aucune garantie : "Dans le contexte de crise", explique-t-il, "rares seront les entreprises avec suffisamment de marge pour verser cette prime".

Du côté des organisations patronales, on est favorable au principe d'une telle prime défiscalisée, mais un représentant craint qu'elle soit compliquée à mettre en oeuvre et qu'elle créé de la frustration chez les salariés qui ne toucheront rien.

Victor Joanin (avec J.A.)