RMC

Les aidants veulent un élargissement de la validation des compétences

Alors que le secteur de la santé manque cruellement de main-d'œuvre en France, le gouvernement voit dans les aidants une solution contre cette pénurie. Il souhaite ainsi ouvrir la validation des acquis de l’expérience aux proches aidants et aux aidants familiaux. Cependant, certains aidants ne se projettent pas dans le secteur de la santé et demandent un élargissement de la validation des acquis.

Valoriser les compétences des aidants grâce à la validation des acquis de l’expérience. C'est l'objectif du gouvernement, qui veut leur permettre d'obtenir une certification professionnelle qui reconnaisse leurs compétences dans la prise en charge de personnes fragilisées.

L'article 4 du projet de loi sur l’assurance-chômage, examiné ce mercredi par les députés, prévoit d'ouvrir la validation des acquis de l’expérience (VAE) aux proches aidants et les aidants familiaux pour "faire valoir les compétences acquises dans la prise en charge de la dépendance ou de la fin de vie d’un membre de la famille”. Le gouvernement entend ainsi trouver une solution pour pallier le manque de main-d'œuvre dans le secteur médico-social.

Si certains envisagent des carrières dans ce secteur, ce n'est pas le cas de tous les aidants qui aimeraient une reconnaissance plus large de leurs compétences. A la naissance de son premier enfant, atteint d'une maladie génétique rare, Raja a dû mettre sa vie professionnelle sur pause. “C’était vraiment très dur physiquement et psychologiquement”, indique-t-elle. Cette pause va durer dix ans. Raja est aidante, elle s'occupe de son fils et gère tout.

“J’ai tout appris sur le tas, à monter les dossiers... Il y a aussi une partie coordination entre les différents professionnels de santé, il faut beaucoup d’organisation. J’ai dû aussi être à des soins de gastrostomie, à des massages avec la kiné”, explique-t-elle.

11 millions d'aidants en France

Toutes ces compétences, Raja aimerait les valoriser, surtout depuis qu'elle a retrouvé la vie active. Mais pas forcément dans le secteur médico-social, comme le prévoit le projet de loi. “Je ne me projette pas dans le médico-social. Pour moi, c’est surtout l’organisation, la planification, la gestion des projets qui vont m'intéresser", pointe-t-elle.

Et les parcours d'aidants peuvent servir toutes les carrières, comme le défend Morgane Hiron, déléguée générale du collectif “Je t’Aide”.

“Les aidants n’ont pas envie d’être la variable d’ajustement d’un système qui aujourd’hui est en tension. Ce qu’ils veulent, c’est avoir le choix. Les aidants ont énormément de compétences à valoriser et doivent avoir le choix dans leur vie professionnelle”, appuie-t-elle.

Les associations espèrent que les débats parlementaires permettront d'élargir la validation d'acquis à d'autres secteurs. Au total, il y aurait près de 11 millions d'aidants en France.

Caroline Philippe avec Guillaume Descours