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"Mettre beaucoup moins de moyens sur l'attractivité": Marseille veut moins de touristes cet été

Laurent Lhardit, adjoint à la mairie de Marseille, était l'invité de RMC ce jeudi pour décrypter la nouvelle stratégie touristique de la cité phocéenne.

La nouvelle équipe municipale marseillaise veut éviter un afflux de touristes similaire au déconfinement de l'année dernière. Craignant "une très forte fréquentation (...) voire une situation de surfréquentation" touristique à Marseille cet été, la municipalité a appelé mercredi à réduire la promotion de la ville, affichant son "désaccord profond" avec l'Office du tourisme de la métropole.

Laurent Lhardit, adjoint à la mairie de Marseille, explique pourquoi il regrette que plus d'un million d'euros de l'office du tourisme ont été destinés à des opérations de publicité ou pour des salons afin de vendre la destination marseillaise.

"Mettre beaucoup moins de moyens sur la promotion de la destination de Marseille"

"Nous avons une stratégie spécifique en ce sens à Marseille. Nous avons surtout une tradition d'accueil depuis 2.600 ans. Nous, on a envie de bien accueillir les gens. De bien accueillir les touristes, mais que les Marseillais aussi qui disent souvent en plaisantant qu'ils habitent en vacances, puissent aussi profiter de leur ville pendant l'été. 

L'idée est donc de mettre beaucoup moins de moyens sur la promotion de la destination de Marseille, et de prendre ces moyens pour les affecter à une stratégie d'accueil, pour mettre des jeunes sur le terrain pour participer à l'accueil des touristes."

Pour la municipalité, dirigée depuis juin par le Printemps Marseillais, large alliance de la gauche et des écologistes, après 25 ans de règne du maire LR Jean-Claude Gaudin, la priorité devrait donc être mise sur l'accueil et l'information des touristes. "Il ne s'agit pas de limiter l'accès à Marseille mais de diversifier les lieux d'accueil", a expliqué Laurent Lhardit.

La municipalité espère détourner les visiteurs des calanques ou de la "Bonne Mère", "des points chauds qu'il faudrait tiédir", a expliqué M. Lhardit. "C'est une stratégie originale, on pense que cela va marcher. Marseille, c'est quatre fois Paris en superficie. On a aucune leçon a donner, mais on a envie de préserver la ville".

Face à la surfréquentation touristique, le Parc national des Calanques, qui inclut plusieurs des calanques de Marseille, a déjà entamé cette année une cure de "démarketing", afin notamment d'encourager les visiteurs à aller voir d'autres espaces naturels proches. 

J.A. et AFP