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"On a l’impression d’être de plus en plus en difficulté": dans un Ehpad de Seine Maritime, l'épuisement des soignants face au manque de personnel

A Saint-Aubin-les-Elbeufs, en Seine Maritime, au sud de Rouen, le personnel d'un Ehpad va débrayer une heure ce jeudi après midi pour dénoncer ce manque d'effectifs qui pousse le personnel à bout.

Ce ne sera pas une grande loi. Mais des annonces fortes sur la question de la dépendance sont attendues ce jeudi. Elles doivent venir de Jean Castex, le Premier ministre, en déplacement au Creusot.

L'idée d'une loi grand âge sur la dépendance des personnes âgées a été abandonnée. Mais le gouvernement veut quand même proposer des choses pour mieux accompagner nos aînés. Car dans les Ehpad, notamment, difficile de trouver du personnel pour s'occuper des personnes âgées.

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Franchir la grille de l'Ehpad pour rentrer chez elle, en fin de journée, c'est une forme de libération pour Manon. "Ça devient de plus en plus pénible et on a l’impression d’être de plus en plus en difficulté”, assure-t-elle.

Elle est l'une des trois infirmières à travailler dans cet établissement.

“Quand on est une infirmière pour 100 résidents 19 heures sur 24, on ne peut pas prendre soin de tous les résidents. On est obligé de les faire patienter parce qu’il y a une sonnette, mais qu’on ne peut pas y aller dans les cinq minutes, ça peut prendre 10, 15, 20 minutes. Peut-être que les résidents sont en danger dans leur chambre et pourtant, on ne peut pas y aller”, détaille-t-elle.

Manque de personnel

Même pour les soins de base, la toilette par exemple, les aides soignantes, comme Mathilde, ne sont pas assez nombreuses.

“Ce n’est plus tenable. Pratiquement toutes nos collègues sont en arrêt pour épuisement. Ils arrivent à nous trouver quelques remplaçants, mais bon, il y en a plusieurs qui nous disent demain, je ne reviendrais pas”, confie-t-elle.

Car les conditions de travail sont moins dures ailleurs. Difficile donc de recruter du personnel. C'est un cercle vicieux qu'il faut absolument casser insistent Isabelle Massin et Etienne Prevost, délégués syndicaux de l'établissement.

“On n’a pas assez de postes, on n’offre pas la possibilité non plus au personnel de se former par manque d’effectif. On sait très bien que le nerf de la guerre pour attirer des gens, c’est de les payer”, pointe-t-il.

Il dénonce aussi le manque de reconnaissance, le manque de respect même parfois, dont est victime le personnel soignant en Ehpad.

Martin Bourdin avec Guillaume Descours