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Pizzas Buitoni interdites encore en vente: "C’est totalement scandaleux" pour Foodwatch

Des pizzas Buitoni de la gamme Fraich’up, censées être retirés du marché, sont encore en vente dans certains magasins. Dans "Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, Karine Jacquemart, directrice générale de Foodwatch France, dénonce un nouveau scandale.

Deux enfants morts, des dizaines de cas graves avec des séquelles dramatiques, mais des pizzas encore disponibles dans les rayons. Comme démontré par RMC, des produits de la marque Buitoni, de la gamme Fraich’up, sont toujours en vente dans plusieurs magasins, notamment Franprix. Une procédure de retrait-rappel a pourtant été lancée le 18 mars, soit il y a près de trois mois, face aux contaminations à la bactérie E. coli. "C’est totalement scandaleux", dénonce Karine Jacquemart, directrice générale de Foodwatch France, dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story.

"Ça veut dire que les consommateurs n’ont pas été protégés avant de pouvoir consommer des produits, puisque Ferrero, dans le cas de Kinder, et Nestlé, dans le cas de Buitoni, n’ont pas rempli leurs obligations de ne vendre que des produits non-dangereux pour la santé, souligne-t-elle. Et c’est scandaleux parce qu’une fois que les affaires sortent, qu’on a des dizaines de gens malades, notamment des enfants, le nécessaire n’est pas encore fait. Il y a l’obligation des fabrications, l’obligation de l’Etat et l’obligation des distributeurs. Là, c’est la responsabilité des distributeurs."

"Ils se foutent de la gueule du monde"

Pour la directrice générale de Foodwatch France, "ça suffit de penser que parce qu’on s’appelle Nestlé, Ferrero, ou un grand distributeur, qui ont un poids économique considérable sur le marché, on est au-dessus des lois". "La prévention n’a pas été faite, déplore-t-elle. Le cas Lactalis nous avait montré que l’entreprise savait depuis des mois qu’il y avait une contamination. On a la même situation avec Buitoni, qui savait manifestement depuis des mois qu’il y avait un risque E. coli dans leur usine. Pareil pour Kinder. Ils se foutent de la gueule du monde. Il y a des obligations légales. C’est pour ça qu’on a porté plainte. C’est le droit basique des gens et les obligations légales de l’ensemble de ces acteurs."

Foodwatch a porté plainte dans les dossiers Kinder et Buitoni. "On encourage les familles de victimes à s’y associer, pour ne pas rester seules, explique Karine Jacquemart. On a aussi une pétition en ligne, c’est une lettre de soutien qui sera ajoutée au dossier de ces deux plaintes. Donc tout le monde peut montrer qu’on en a marre. Sur Kinder, la bonne nouvelle, c’est que, la semaine dernière, le pôle Santé Publique du parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire. C’était déjà le cas pour Buitoni. Il va falloir aller plus loin. Il faut qu’il y ait des sanctions contre les fabricants, pour que ça ne se reproduise plus, contre les distributeurs aussi. On ne peut pas faire confiance. Il faut que l’Etat fasse respecter la loi et qu’il y ait enfin de la transparence."

LP