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Plan EHPAD: "Ce qu’on demande, c’est de pouvoir faire notre travail correctement avec de l’humain"

Agnès Buzyn dévoile ce mercredi après-midi, son plan de "prise en charge de la dépendance". Les pistes évoquées avant l’annonce officielle sont jugées insuffisantes par les personnels de santé, qui attendent davantage de la ministre.

Des mesures "immédiates" pour répondre à la crise des EHPAD. Agnès Buzyn dévoile ce mercredi 30 mai, son plan d'action pour les établissements d'hébergement des personnes âgées dépendantes. Plusieurs pistes sont d'ores et déjà évoquées.

Aujourd'hui, seul un ou deux aides-soignants encadrent les personnes âgées et sont bien souvent démunis en cas d’urgence. Ces infirmières ou infirmiers de nuit pourraient donc tourner dans les établissements d’une zone géographique. Par exemple passer une première partie de la nuit dans un EHPAD, et poursuivre leur garde dans l’EHPAD d’à côté. Et pourraient être appelés en cas d’urgence pour se déplacer dans un établissement de la zone.

"On est encore très loin d’avoir comme dans les pays nordiques, un soignant pour un patient"

La ministre de la santé pourrait aussi annoncer la création de 20.000 postes supplémentaires en équivalent temps plein sur trois ans. Le tout, pour 430 millions d’euros.

Une mesure insuffisante pour Anne-Sophie Pelletier, aide médico-psychologique dans l’EHPAD de Foucherans dans le Jura et invitée de la matinale de Jean-Jacques Bourdin.

"Si on divise 20.000 par trois ça fait, 6.667. On a 7.800 EHPAD en France donc ça fait à peine un poste par EHPAD par an de plus. Donc c’est largement insuffisant. On est encore très loin d’avoir comme dans les pays nordiques, un soignant pour un patient".

"C’est l’avenir je suis d’accord, mais l’humain, il est où?"

Autre mesure privilégiée par le ministère de la santé: déployer la télémédecine, c’est-à-dire les consultations à distance par internet pour tous les résidents des maisons de retraite. Cela éviterait aux patients de se déplacer chez les médecins.

"Ça peut être intéressant pour des personnes à mobilité réduite qu’on ne peut pas emmener. C’est l’avenir je suis d’accord, mais l’humain, il est où? Nous ce qu’on demande c’est de pouvoir faire notre travail correctement avec de l’humain et respecter l’importance qu’accordent nos personnes âgées à voir les médecins".
Bourdin Direct (avec Jean-Baptiste Bourgeon)