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Qui sont les candidats aux "fins de flacons", à la recherche de doses de vaccin devant les centres de vaccination?

Sans comorbidités et encore trop jeunes pour être vaccinés, certains non-prioritaires n'hésitent pas à faire le tour des centres de vaccination, dans l'espoir de trouver une dose en trop. Et quelques chanceux y arrivent.

Par amour pour sa femme, trop jeune pour le vaccin, Francis fait le tour avec son vélo de tous les centres de vaccination de Paris : "J’essaye de regarder s'il ne traîne pas des doses. Mon épouse adorerait se faire vacciner",

Car pour le moment, les centres de vaccination sont accessibles uniquement sur rendez-vous pour les 18 millions de personnes prioritaires en fonction de l’arrivée progressive des doses de vaccins. Mais certaines personnes non-prioritaires viennent tout de même tenter leur chance et font le pied de grue devant les centres pour recevoir les restes des flacons non utilisés. Un moyen d'éviter le gaspillage de doses.

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Devant le centre du Panthéon, Geneviève 66 ans, sans comorbidités, tente également sa chance 2 à 3 fois par semaine:

"Je suis candidate aux fins de flacon. Pour le moment je n’ai pas eu de chance. D’autres l’ont eu, cela viendra peut-être. Je vis avec une personne plus âgée et si on était tous les deux vaccinés, on pourrait voir notre famille". Comme elle, ils sont des dizaines d’impatients à se présenter devant chacun des 24 centres de Paris. Parfois, le ton monte, déplorent les équipes, car la majorité essuie un refus.

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"Je me réjouis de cette grande adhésion à la vaccination"

Mais si personne sur liste d’attente n’est disponible. Il arrive que certains de ces glaneurs, souvent les plus âgés, soient vaccinés reconnaît Serge Smadja, responsable de 3 centres parisiens pour SOS Médecins:

"Si des personnes ne sont pas venues à leur rendez-vous, on préfère évidemment vacciner une personne non-éligible plutôt que de jeter une dose à la poubelle, mais on ne peut pas dire à tout le monde de venir".

Le président de SOS Médecins insiste: les restes sont très rares. Il est inquiet que le phénomène vire à l’émeute mais il en tire tout de même du positif: "Il ne faut pas qu’il y en ai trop mais je me réjouis de cette grande adhésion à la vaccination, c’est encourageant".

Les centres de vaccinations où se sont rendus les glaneurs rencontrés hier n’ont pas distribué de restes. Ils retenteront leur chance cette semaine.

On recensait au 28 mars, 7.798.091 personnes ayant reçu une première dose dont 2.655.443 les deux doses. Seul 11,64% de la population a été vaccinée mais la campagne pourrait s’accélérer avec l’arrivée en France du quatrième vaccin autorisé, celui de Johnson&Johnson mi-avril, moins difficile à conserver et qui présente l’avantage de ne nécessiter qu’une seule dose pour une protection optimale contre le Covid-19.

Maryline Ottmann, Aymeric Dantreuille et Nicolas Traino (avec Guillaume Dussourt)