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Vers un reconfinement? "Dans tous les cas, le mois d'avril va être épouvantable", prévient le chef d'un service de réanimation

Même si un confinement "dur" était prononcé dans la semaine à venir, le mois d'avril s'avèrera très compliqué à gérer dans les services de réanimation où le nombre de patients Covid-19 ne cesse d'augmenter.

Alors que la campagne vaccinale doit s'accélérer comme promis depuis le début de l'année, la situation inquiète dans les hôpitaux et le nombre de cas continue de flamber dix jours après la mise en place de mesures sanitaires renforcées dans 16 départements. En réanimation, la situation se tend et le pic atteint lors de la deuxième vague (4.903 patients Covid-19) pourrait bientôt être dépassé alors que l'on recense 4872 personnes dans les services de réa pour cause de Covid-19.

Conséquence, Emmanuel Macron pourrait prendre de nouvelles décisions dans le courant de la semaine et pourrait pencher pour un reconfinement "dur" national avec une fermeture des écoles. Mais de nombreux médecins craignent qu'il ne soit déjà trop tard.

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"Ça va taper très dur"

"Les chiffres continuent à se dégrader, les perspectives sont plus qu'effrayantes. On est déjà au niveau de la deuxième vague et on se rapproche du seuil de la deuxième vague. C'est de la médecine de guerre", déplore sur RMC Jean-Michel Constantin, chef de service anesthésie-réanimation à l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

"On continue à pousser les murs, on se préparer à faire de la réanimation partout. On fait tout ce qu'on peut pour prendre en charge tout le monde et quand on pourra plus, on s'adaptera. Il faut compter en plus près de 4000 malades en réanimation qui ne sont pas Covid-19. On va peut-être monter à 15.000 lits de réa mais les modélisateurs disent que ça ne suffira pas de toute façon. Il faut 15 jours à partir du moment où on confine pour que ça commence à décroître. Dans tous les cas, le mois d'avril va être épouvantable, ça va taper très dur", s'inquiète le praticien.

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Guillaume Dussourt