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Reconfinement: pourquoi les chiffres sont encore durs à interpréter

Le gouvernement et Emmanuel Macron pourraient annoncer un tour de vis dans les mesures anti-Covid après un conseil de défense ce mercredi matin.

Nouveau Conseil de défense sanitaire décisif ce mercredi matin. Face à la situation sanitaire qui se dégrade, Emmanuel Macron envisagerait un nouveau "tour de vis". Le président de la République qui s'est entretenu mardi soir avec le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran.

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Olivier Véran a confirmé mardi après-midi devant les députés que les prochaines heures détermineraient si d'autres mesures sont nécessaires pour "protéger les Français".

"Les mesures qui ont été prises il y a dix jours pourraient commencer à montrer des effets dans les tous prochains jours -ou pas - nous le verrons dans les 24-48 heures vraisemblablement", a-t-il lancé.

La barre des 5.000 patients "en soins critiques" en France, soit les cas les plus graves, a été dépassée, selon les chiffres quotidiens de Santé publique France. L'agence sanitaire, qui a adopté cette nouvelle terminologie après avoir parlé de patients en "réanimation", a fait état de 5.072 patients dans ce cas, soit 98 de plus que la veille. Dans la région de la capitale, la barre des 1.500 patients en réanimation vient d'être franchie. 

Taux d'incidence record de 800 dans le Val-d'Oise

Ce qui fera évidemment pencher la balance, ce sont les chiffres. Et ils sont encore difficiles à interpréter. Le taux d'incidence d'abord, l'un des principaux indicateurs qui aiguille le gouvernement dans ses choix. Il dépasse désormais les 400 cas pour 100.000 habitants dans 26 départements. C'est 7 de plus que la semaine dernière.

Mais il n'augmente plus dans certains départements sous tension notamment à Paris où le taux d'incidence est descendu à 535 cas pour 100.000 habitants. Alors que le Val-d'Oise voisin atteint désormais un taux record de 800 cas pour 100.000 habitants.

Difficile donc pour le gouvernement d'affirmer pour l'instant que les mesures de freinage décidées il y a deux semaines ont un impact. D'autant que la décrue ne s'amorce toujours pas dans les services de réanimation.

Lundi, le pic de la deuxième vague de l'épidémie, un peu plus de 4.900 patients mi-novembre, avait été dépassé. Le pic de la première vague, avec un peu plus de 7.000 patients début avril, reste encore loin. 

Pierrick Bonno (avec J.A.)