RMC

"S'il faut le faire, on le fera": l'idée de décaler les vacances scolaires contre le Covid-19 n'est plus taboue au ministère de l'Education nationale

"S'il faut le faire, on le fera": le sujet n'est plus tabou au ministère de l'Education nationale.

Valérie Pécresse propose d'avancer les vacances de Pâques de la zone C de 2 semaines. Les vacances commenceraient alors le vendredi 3 avril au lieu du 16. La présidente de la région Île-de-France ainsi veut éviter les brassages et les potentielles contaminations dans les écoles, sans fermer les établissements. La maire de Paris Anne Hidalgo s'y oppose. Pour elle y a une alternative: vacciner les enseignants.

"Il faut freiner" l'épidémie, "mais on n'a pas beaucoup de freins", a affirmé à Paris-Match Mme Pécresse (Libres, ex-LR). "Je me demande si la bonne mesure ne serait pas d'avancer les vacances scolaires de 15 jours afin de fermer les écoles dès le 2 avril", a-t-elle ajouté. Les vacances de printemps sont fixées cette année du 17 avril au 3 mai en Ile-de-France. En effet, "la situation sanitaire reste très inquiétante", a-t-on affirmé dans l'entourage de Mme Pécresse, en précisant que dans les lycées de la région "plus d'une centaine de classes sont fermées" ainsi que "deux établissements".

En Ile-de-France, selon des chiffres arrêtés à samedi, le taux d'incidence s'est envolé à 551 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours, bien au-dessus du seuil d'alerte maximale de 250.

"Une fausse bonne idée"

Alors faut-il avancer les vacances de Pâques? La question fait débat dans les rues de la capitale. Des parents que nous avons rencontré entendent bien que le nombre de contaminations a quasiment doublé dans les écoles, et agir rapidement pourrait rassurer Carole et Géraldine.

"Il y a beaucoup de contamination quand même, on peut essayer. Mais il faut être sûrs qu'on ait vraiment des résultats derrière quoi."

Les enfants ne seraient pas en vacances mi-avril comme prévu, mais dès la fin de la semaine prochaine. Un gros problème pour Mehdi, qui avait déjà tout organisé à des dates précises.

Medhi et les autres réussiront-t-il à se libérer pour garder les enfants? L'ensemble des employeurs n'acceptera jamais de décaler les congés de tous les salariés avec enfants, craint la PEEP, la fédération de parents d'élèves opposée à la proposition de Valérie Pécresse. Les entreprises comme les familles ne pourront pas s'organiser déplore l'un des administrateurs Laurent Zameczkowski.

"Il y a des plannings, il y a des gens qui ont calé leurs vacances, il y a aussi des parents qui sont séparés avec des semaines alternées. C'est embêtant pour tout le monde au final. C'est ce qu'on appelle une fausse bonne idée."

"S'il faut le faire on le fera", concède l'Education nationale

Valérie Pécresse a conscience de ces difficultés, indique son entourage, mais la santé du pays doit primer. Le premier vice-président de la région Othman Nasrou demande aux parents de faire un nouvel effort :

"C'est sûr que ça demande une adaptation, mais on parle de crise sanitaire. Et malheureusement, parfois, on se retrouve tous à faire des choses, un peu dans la précipitation et je reconnais que ce n'est pas facile. mais c'est une mesure pragmatique. De toutes façons il y avait déjà des vacances de prévues, autant les positionner au moment où on en a besoin." 

Du côté du ministère de l'Education nationale, la mesure qui n'était pas d'actualité est maintenant sur la table. "S'il faut le faire on le fera", souffle un conseiller.

Nicolas Traino et la rédaction (avec J.A.)