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Santé publique: le "cynisme" des fast-foods dans le viseur d'Olivier Véran

Selon le ministre de la Santé, l'obésité a deux causes: la génétique et le cynisme des chaînes de fast-foods.

Olivier Véran a estimé cette semaine à l’Assemblée que l’obésité a deux causes: la génétique et le cynisme des chaînes de fast-food. Le caractère génétique de l’obésité, qui touche 17% des adultes français et qui constitue, on le sait, un facteur de risque supplémentaire face au Covid. 

En effet, toutes les études démontrent la part de l'aléatoire et des gènes. La plus vaste enquête sur le sujet a été menée aux Etats-Unis, en 2019, sur 500.000 personnes. Et elle a mis en lumière le rôle d’une mutation du gène MC4R. Ne vous inquiétez pas, c’est très simple. Quand ce gène fonctionne normalement, il envoie à votre corps le signal qu’il a assez mangé, mais quand il mute, la sensation de satiété est bloquée.

Les personnes obèses qui faisaient partie de l’échantillon présentaient, dans leur grande majorité, cette variation génétique. Conclusion du professeur qui a dirigé cette enquête, cité par le New York Times “le gène MC4R est le plus important contrôleur de poids du corps humain”

Les fast-foods installés dans les zones les plus pauvres 

L’autre affirmation d’Olivier Véran, c’est que les fast-foods s’implantent principalement dans les zones les plus pauvres. “Un cynisme terrible”, ce sont les mots du ministre de la Santé, qui estime également que “les inégalités sociales vont de pair avec la malbouffe”. Et de fait, c’est également vrai. Une étude de l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, l’Anses, montre clairement que le taux d’obésité est lié au niveau d’études et de revenus. Il est deux fois et demi plus important chez ceux qui ont arrêté l’école au collège que chez les bac +4. En clair, moins on a d’argent et moins on est éduqué, plus on mange de produits gras, sucrés, transformés et souvent moins chers.

La corrélation vaut aussi pour les fast-foods. On en recense 41.000 selon l’Insee. Cela comprend les franchises bien connues comme McDo ou Burger King, mais aussi des kebab indépendants, des chaînes de boulangerie ou des spécialistes du poké bowl par exemple, souvent un peu plus sain, mais beaucoup plus chers.

Les chiffres sont clairs, c’est le journal Le Parisien qui les cite. À la Courneuve, l’une des villes les plus pauvres de France, près de 20% de chômage, il y a 18 fast-food, plus que le nombre de pharmacies. À l’inverse à Neuilly sur Seine, la ville la plus riche du pays, seulement six fast-foods, mais qui sont davantage des bars à salade que des fabriques à burgers.

Louis Amar