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Scandale des maisons de retraite: des perquisitions dans de nombreux établissements Orpea

Des perquisitions ont lieu ce mardi dans plusieurs maisons de retraite du groupe Orpea, dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte pour "maltraitance institutionnelle".

Des maisons de retraite perquisitionnées par des gendarmes. Selon Mediapart et l'AFP, des gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) mènent ce mardi des perquisitions dans plusieurs dizaines d'établissements du groupe Orpea, dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte pour "maltraitance institutionnelle".

Orpea a été visé l'hiver dernier par de nombreuses accusations, notamment après la publication du livre "Les fossoyeurs" de Victor Castanet (Fayard), qui dénonçait une maltraitance des résidents, un usage abusif des fonds publics et des manquements dans la gestion du personnel. Des dizaines de familles ont porté plainte.

Déjà des perquisitions en juin

Début avril, Me Sarah Saldmann avait annoncé le dépôt de 80 plaintes. " "Je n’ai pris que des plaintes où il y avait des éléments probatoires certains, ajoute l’avocate. J’aurais pu en déposer 500, j’ai eu plus de 1.000 signalements. (…) Je le dis du fond du cœur, je préfère mourir dix ans plus tôt qu’aller une semaine dans ce genre d’Ehpad, expliquait-elle sur RMC. Les pratiques que j’ai vues sont extrêmement graves. J’ai vu des photos avant/après, certains ont fait des constats d’huissier qui sont à mon sens sans appel. J’estime que ce qui est dans le livre Les Fossoyeurs, et ce que j’ai dit il y a deux mois, est parfaitement étayé. Ce sera à la justice de faire la lumière sur cette affaire."

Et l’avocate dénonçait l’absence de réaction d’Orpea. "Orpea ne répond pas, assurait-elle. C’est ‘circulez, il n’y a rien à voir’. Ils ne disent rien. Ils disent qu’ils examineront les plaintes une par une. Mais à un moment, apportez une réponse, faites quelque chose. Ce mépris me dépasse. Quand on a l’argent du particulier et l’argent de l’Etat, qu’on a un parc immobilier splendide, on a les moyens de faire quelque chose de bien. Il faut arrêter de se foutre de la gueule du monde."

Des "dysfonctionnements graves" avait été relevés par une enquête administrative, diligentée par l'Etat, et avaient mené le gouvernement à adresser ce signalement à la justice. Le siège d’Orpea et des directions régionales avaient été perquisitionnées en juin dernier. Les perquisitions de ce mardi ont lieu le jour où le groupe de maisons de retraite présentait son plan de transformation.

LP