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Soirées clandestines: 381 interventions de police depuis le 15 décembre

Malgré les restrictions sanitaires, certains font de la résistance et n'hésitent pas à se retrouver lors de soirées privées en appartement. Et la police semble impuissante.

En ce moment pour Alexis, étudiant, les journées se ressemblent, c’est foot l’après-midi. Et puis: "Quand la journée se termine, on envoie un message à tout le monde demandant ce qu'ils font en disant que l'appartement est libre et tout le monde vient à la maison. C'est un peu comme avant, c'est comme ça qu'on arrive à tenir". 

Et selon le ministère de l'Intérieur, depuis le 15 décembre les policiers ont mis fin à 381 fêtes clandestines sur l'ensemble du territoire, des soirées rassemblant en moyenne 90 personnes. Pour Alexis, Enzo et Maxime, c’est souvent une dizaine de copains, dans un appartement. Et pour éviter les contrôles, ils ont aussi leurs méthodes: "On passe par les ures où ils passent un peu moins, qu'on connaît mieux", explique Enzo. "Notre attestation nous sert à sortir des jours où on travaille pas, on n'a jamais eu de problème en un an donc pour l'instant ça va", philosophe Maxime.

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"Il y en a un qui a pris l'amende et ils ont tout divisé, ça faisait 7 euros chacun"

Reste enfin la question du retour de soirée, aucun problème pour Alexis, il suffit de rentrer séparément: "Une fois, des amis courraient, ils étaient 20, il y en a un qui a pris l'amende et ils ont tout divisé, ça faisait 7 euros chacun, ça vaut le coup pour la soirée", raconte-t-il.

Un jeu du chat et de la souris donc. Et pas toujours à l’avantage du policier notamment lors d’une fête en appartement: "Les domiciles c'est vraiment privé et on ne peut y rentrer entre 21h et 6h du matin, sauf en cas de perquisition ou de terrorisme et de trafic de stupéfiants. Là, en l'occurrence ce n'est pas du tout le cas", explique Jean-Christophe Couvy, le secrétaire national du syndicat SGP Police, qui rappelle que ces contrôles de police viennent se rajouter à leurs missions du quotidien.

Le week-end dernier, dans un gîte près de Toulouse, une centaine de fêtards ont pu se rassembler malgré les restrictions sanitaires en vigueur. Les deux organisateurs ont été malgré tout interpellés et placés en garde à vue. Des gardes à vue prolongées lundi.

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Romain Poisot et Florian Chevallay (avec Guillaume Dussourt)