RMC

Télétravail "obligatoire" 3 jours par semaine: ces salariés qui regrettent le retour du travail à la maison

Le retour du télétravail ne fait pas que des heureux. Ceux qui l'ont déjà expérimenté pendant de longs mois craignent un retour à l'isolement.

Un bouquet de fleurs et un siège ergonomique: Martha a réinvesti le coin télétravail de son appartement. Restée chez elle pendant un an et demi, elle revenait enfin depuis le mois de septembre dans les locaux de la start up où elle travaille quand l'annonce du gouvernement l'a prise de court:

"Cela me fait peur, j'ai l'impression de retourner en arrière et d'être de nouveau toujours chez moi, tout le temps". Car c'est surtout la solitude qui lui pèse: "C'est monotone, il y a moins d'interactions sociales, moins de café inopiné. Et sur les sujets professionnels, on est moins favorisé, on ne croise pas les gens et on ne parle pas de sujets qu'on pourrait avoir ensemble, sur justement, le chemin de la machine à café".

Car à partir du 3 janvier, pour tenter de limiter l'impact du variant Omicron, les employés et les employeurs sont tenus de faire trois jours de télétravail "obligatoire" mais "quand c'est possible", pendant au moins trois semaines.

"Il y a beaucoup d'illectronisme"

Du côté des patrons, on fait grise mine. Car le télétravail demande de l'organisation. Bernard Cohen-Hadad, président de la CPME Île-de-France, la Confédération des petites et moyennes entreprises, est chef d'une petite entreprise où l'obligation du télétravail se heurte à la réalité.

"Si vous êtes en télétravail, vous ne pouvez pas recevoir une livraison chez vous. Il y a aussi beaucoup d'illectronisme chez nos clients, c'est-à-dire des personnes qui ne savent pas utiliser les réseaux ou la signature électronique et c'est pour ça que l'on a besoin de maintenir du personnel dans nos boutiques, sur place", assure-t-il à RMC.

Il espère que cette mesure ne durera bien que les trois semaines prévues par le gouvernement. En cas de manquement aux règles, une entreprise pourrait être condamnée à payer une amende de 2.000 euros par salarié présent sur le site.

>> A LIRE AUSSI - Infirmière à la retraite, Evelyne s'est mobilisée pour le Covid, mais a trop travaillé selon sa caisse de retraite

Garance Munoz (avec G.D.)