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Une "seule dose non-ARN", "test PCR gratuit toutes les 72h": face à la crise en Guadeloupe, un député dévoile les mesures obtenues par les manifestants

INFORMATION RMC - Face à la crise en Guadeloupe, Jean Castex appelle au calme et au dialogue. Olivier Serva, député de Guadeloupe, président de la délégation aux Outre-Mer à l'Assemblée, était l'invité d'Apolline de Malherbe.

Des "avancées": invité de RMC, ce mardi matin, Olivier Serva, député de Guadeloupe, président de la délégation aux Outre-Mer à l'Assemblée, a annoncé que plusieurs mesures avaient été obtenues pour une sortie de crise sociale et sanitaire en Guadeloupe. 

L'exécutif veut calmer le jeu d'autant que la tension monte également en Martinique voisine où un appel à la grève générale lancé par 17 organisations syndicales aux revendications variées, dont la fin de l'obligation vaccinale pour les soignants, a conduit à des blocages qui ont paralysé une bonne partie de l'activité économique. 

Ainsi, selon le député LREM sur RMC, "Il y a de choses qui ont été entendues, notamment pour les pompiers. Un mission de concertation arrive aujourd'hui. Mais nous avons obtenu qu'aucun pompier ne sera suspendu et pour ceux pas encore vaccinés, ils pourront faire un test PCR gratuit toutes les 72h".

Autre mesure-clé, celles concernant les soignants refusant la vaccination contre le Covid-19.

Selon le député, "Il y a entre 85-90% des soignants vaccinés en Guadeloupe. 1400 professionnels de santé ne sont pas vaccinés: certains ne veulent pas sa faire vacciner avec un vaccin ARN, ils auront le droit à un vaccin non-ARN. Pour ceux qui ne veulent pas se faire vacciner, on a obtenu des discussions en vue d'un reclassement, au cas par cas pour que personne ne reste sur le carreau".

Une décision - confirmée par le ministre des Outre-mers Sébastien Lecornu - qui risque de faire des vagues en métropole où le gouvernement a montré sa fermeté quant aux soignants qui hésitaient ou refusaient, eux aussi, de se faire vacciner. 

La Guadeloupe, qui connaît un fort taux de chômage atteignant 35% chez les jeunes, est secouée aujourd'hui par un mouvement, ayant pour origine la contestation de l'obligation vaccinale des soignants, a dégénéré en crise sociale émaillée de nombreuses violences dans la nuit de jeudi à vendredi, quand ont débuté des violences et des pillages. 

Après avoir "condamné avec la plus extrême fermeté" les violences, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la création d'une "instance de dialogue" afin de "convaincre et d'accompagner individuellement, humainement" les professionnels concernés par l'obligation vaccinale. 

Face à une situation se détériorant rapidement, le gouvernement a envoyé 200 policiers et gendarmes, ainsi que 50 membres des unités du GIGN et du Raid - déployés dès leur descente d'avion -, portant à 2.250 les forces mobilisées sur place, tandis que le préfet a instauré un couvre-feu entre 18h et 5h, jusqu'au 23 novembre. 

Enfin, à noter, le président de la délégation aux Outre-Mer à l'Assemblée a indiqué que "Pour les voyageurs, nous avons obtenu le rétablissement des tests PCR ou antigénique obligatoire pour tous les voyageurs – vaccinés ou non-vaccinés - pour protéger notre territoire et notre système de santé".

Plus tôt dans la journée, Emmanuel Macron a assuré la Guadeloupe de la "solidarité" de la nation et demandé de "ne rien céder au mensonge et à la manipulation par certains de cette situation". "On ne peut pas utiliser la santé des Françaises et des Français pour mener des combats politiques" et "il faut que "l'ordre public soit maintenu", a-t-il souligné sur un ton apaisant.

Depuis l'été, le taux de vaccination a progressé en Guadeloupe, avec désormais un taux de près de 90% des soignants vaccinés, et approchant 50% dans la population générale - loin toutefois des plus de 75% de vaccinés en métropole. 

Xavier Allain (avec AFP)