RMC

Carburant: la grève reconduite par la CGT chez Total et Esso-ExxonMobil

Malgré la pression du gouvernement pour mettre fin aux blocages, la CGT reconduit la grève chez Total ce mardi. Chez Esso-ExxonMobil, la CGT et FO continuent également le mouvement.

La menace ne prend pas, du moins pour le moment. Dans la foulée de la réunion d’urgence qui a lieu ce lundi soir à Matignon, autour d’Elisabeth Borne, le gouvernement a multiplié les prises de parole ce mardi matin pour prévenir Total et les syndicats qu’il décidera de passer à l’action si les blocages des raffineries persistent. Et peut-être avec des réquisitions. Mais la grève a été reconduite par la CGT ce mardi matin, chez Total Energies, et chez Esso-ExxonMobil, avec FO également dans ce dernier cas.

"Ce matin, les salariés ont revoté à une large majorité pour la poursuite de la grève, on est toujours en attente de précisions en matière de négociations par la direction", a indiqué Eric Sellini, coordinateur CGT chez Total, à l’AFP.

Clément Beaune, le ministre délégué chargé des Transports, espérait lui une amélioration rapide. "Il faut en sortir, souhaitait-il sur RMC ce mardi matin. Il y a un blocage qui ne peut plus être toléré par les Français. Le dialogue social a repris parce que nous avons mis la pression. Pour Esso, il y a eu un accord hier en fin de journée, ça devrait permettre, notamment dans l’Ouest de la France et en Normandie, qui approvisionne en partie l’Ile-de-France, de débloquer dans la journée une partie de la situation. Ça met un peu de temps pour que le déblocage se fasse. Chez Total, le dialogue social est toujours enlisé. Nous avons mis la pression sur les parties concernées pour que le dialogue social reprenne. L’essence ne s’est pas évaporée, elle est bloquée."

La CGT pas d’accord avec la proposition de la direction d’Esso-ExxonMobil

Chez Esso-ExxonMobil, malgré la signature d'un accord majoritaire sur les salaires par d'autres syndicats, la grève se poursuit aussi. "Le mouvement a été reconduit ce matin à 6h, parce que ça ne correspond pas aux revendications des salariés grévistes qui demandent du pouvoir d'achat", a indiqué à l'AFP Christophe Aubert, délégué syndical central CGT, selon qui l'amélioration de la proposition formulée par la direction consiste essentiellement en une prime.

"Il y a bien un accord valide par la signature de deux organisations syndicales (CFDT et CFE-CGC)", mais "ça ne change rien sur la position des salariés grévistes puisqu'on est toujours sur la même proposition que celle du 20 septembre, à l'exception de l'octroi d'une prime de 750 euros supplémentaire, appelée prime de mobilité durable", a-t-il détaillé.

La direction indique, dans un communiqué, avoir octroyé une "enveloppe salariale de 6,5% en 2023 accompagnée d'une prime de partage de la valeur de 3.000 euros", et, "pour faire face à l'augmentation du prix des carburants", une "aide ponctuelle à la mobilité et aux transports pour 2023".

Ces 6,5% comprennent, selon la CGT, des primes d'ancienneté et de promotion. Le syndicat réclame 7,5% d'augmentation sur le salaire de base hors promotion et hors ancienneté, alors que "ceux qui n'auront pas de promotion, pas d'ancienneté, n'auront réellement que 5,5% d'augmentation sur leurs salaires".

LP (avec l'AFP)