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Carburant: Elisabeth Borne lance un ultimatum à Total et aux syndicats, menace de réquisitions

La Première ministre, Élisabeth Borne, et quatre autres ministres ont tenu une réunion de crise ce lundi soir alors que la grève pour les salaires chez TotalEnergies a été reconduite et même étendue. Le gouvernement a menacé de réquisitionner les stations-service si la situation ne se débloque pas rapidement.

La grève pour les salaires chez TotalEnergies a été reconduite ce mardi et étendue à une quinzaine de stations-service autoroutières. Elle se poursuit aussi dans les deux raffineries françaises d'Esso-ExxonMobil, après une réunion lundi soir avec la direction qualifiée de "non-concluante" par la CGT.

29,4% des stations-service du pays connaissaient lundi soir "la rupture d'au moins un produit" selon le ministère de la Transition énergétique.

Alors que la situation reste très compliquée à la pompe, le remplissage de jerricans dans les stations va être interdit partout en France par arrêté. Dans ce contexte, une réunion de crise s'est tenue lundi soir à Matignon. Entourée de quatre ministres, Agnès Pannier-Runacher, Clément Beaune, Olivier Véran et Gérald Darmanin, la Première ministre Elisabeth Borne a fait comprendre qu'elle lançait un ultimatum à la direction de Total et aux syndicats pour trouver une issue à la crise.

Les stations-service réquisitionnées par l'Etat?

"Il y a un moment où il faut sonner la fin de la récré". Voilà la tonalité des propos d'Élisabeth Borne ce lundi soir, d'après un participant. Une Première ministre qui s'est, dit-il, montrée très ferme.

D'un côté, l'Etat n'a selon elle pas à s'immiscer dans les négociations d'une entreprise privée et de l'autre, les Français n'arrivent plus à faire leur plein d'essence. Voilà pourquoi Élisabeth Borne pourrait privilégier de mettre la pression sur Total. Si la direction et les syndicats ne se mettent pas d'accord d'ici deux ou trois jours, l'Etat réquisitionnera les raffineries.

Une solution qui impliquerait l'envoi de CRS pour maintenir l'ordre. Une menace pour débloquer la situation donc et une façon aussi, peut-être, de répondre aux critiques qui montent sur la gestion de crise du gouvernement.

Hélène Terzian avec Guillaume Descours