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Carburant: "Le gouvernement avait les yeux bloqués dans le col roulé" lance un responsable CGT

Dans "Apolline Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story, Vincent Gautheron, membre de la commission exécutive de la CGT, a attaqué le gouvernement et la direction de Total sur l'enlisement du conflit social dans les raffineries.

Six raffineries à l'arrêt. Et un mouvement qui dure. La grève a été prolongée ce mercredi dans les cinq sites de Total Energies et chez Esso-ExxonMobil, en Normandie, malgré la menace des réquisitions brandie par Elisabeth Borne face à la pénurie dans de nombreuses stations-service et la galère que subissent des millions de Français. Pour Vincent Gautheron, membre de la commission exécutive de la CGT, cette réaction du gouvernement est une "provocation".

"Je rappelle juste que le conflit chez Total Energies a débuté le 12 septembre. Et nous sommes le 12 octobre, explique-t-il dans 'Apolline Matin' ce mercredi sur RMC et RMC Story. Ça fait un mois que c’est passé sous les radars, peut-être parce que le gouvernement avait les yeux bloqués dans le col roulé et du coup ne voyait pas ce qu’il se passait. On a un gouvernement qui est plus sur les préoccupations individuelles de ministres qui se voient présidentiables. Il a fait son choix, celui de l’entreprise, du monde des actionnaires."

Pour ce responsable de la CGT, l'attitude de la direction de Total est en cause. "Les salariés font grève pour ne pas se retrouver, au moment de la retraite, avec des minimas sociaux, assure-t-il. Ils veulent pouvoir vivre dignement de leur travail. Celui qui devrait se poser des questions d’éthique, est-ce que ce n’est pas le président de Total? Alors qu’il appelle les Français à moins consommer, à faire preuve de sobriété, et qu’il refuse des augmentations de salaire à ses employés, il s’est quand même augmenté de 52% l’année dernière. Est-ce qu’il n’y a pas un problème d’éthique?"

"Ce n’est jamais un plaisir de faire grève"

Dans les raffineries, comme ailleurs, les grévistes font des sacrifices pour améliorer leurs conditions de travail. "Ce n’est jamais un plaisir de faire grève, souligne Vincent Gautheron. C’est une journée de salaire en moins. Ce sont des gens qui ont des femmes, des enfants, des maris, ou qui sont des fois en situation monoparentale. Je veux bien qu’on entende parle des 5.000 euros. Mais ceux qui disent que les salariés de chez Total sont payés 5.000 euros sont les mêmes que ceux qui disaient le 18 février dernier que les conducteurs du bus de la RATP étaient payés 3.000 euros par mois. Vous pouvez m’expliquer pourquoi on est en déficit de recrutement des conducteurs de bus ? La CGT est pointée du doigt. Il y a un grand leader syndical qui a dit que la grève n’était pas de son fait (Laurent Berger, de la CFDT, ndlr). Mais la CFDT appelle à la grève pour des questions de salaires.

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