RMC

Garé comme une m* ou quand les cyclistes dénoncent les automobilistes indélicats

-

- - AFP

Ce jeudi, c'est la deuxième journée internationale du déplacement travail en vélo. Et si vous êtes cycliste, vous constatez sans doute que les pistes cyclables sont régulièrement squattées par des voitures. Tanguy et Davy ont lancé un blog il y a 7 ans pour signaler les automobilistes indélicats.

Tanguy est cofondateur de Garé comme une merde, qui est également décliné sur Twitter. Vous pouvez aussi signaler les automobilistes indélicats avec le hashtag #GCUM.

"C'est parti d'un constat personnel, il y a 7 ans, on voyait toutes les voitures mal garées en ville. On a commencé à faire une espèce de petit blog pour nous. Et puis les gens ont commencé à tomber dessus, on a commencé à faire des autocollants et puis on a été contacté par des associations d'handicapés et des associations de cyclistes. C'est une problématique qu'on pensait être la nôtre et puis en fait on s'est rendu compte qu'elle concernait tout le monde.

Le truc a pris. Nous sommes en train de créer une application qui sortira fin mai. Elle permettra aux cyclistes de signaler le lieu et la nature d'un danger, donc ça peut être voiture mal garée, bris de verre, etc. Ça peut être très dangereux. Il y a une cycliste qui est morte à Strasbourg il y a deux ans parce qu'elle avait dû faire une embardée à cause d'une camionnette garée sur la piste cyclable. Ce n'est pas juste du fun pour faire la chasse aux voitures mal garées. Il y a un vrai engouement pour la mobilité douce mais cela ne doit pas se faire aux dépens des cyclistes et de leur sécurité.

"L'idée, c'est que les mentalités évoluent un peu"

Nous avons des demandes de toute la France. On aide à relayer leurs actions et vice versa.

Nous, on constate tous les jours les incivilités envers les cyclistes: les klaxons, les voitures mal garées. Au début, c'était nos photos à nous mais maintenant ça fait 2 ou 3 ans que ce ne sont plus que les photos que l'on nous envoie. L'idée, c'est qu'un jour les mentalités changent un peu.

Les automobilistes sont parfois mécontents, c'est sûr. On est toujours mécontents de s'entendre dire qu'on s'est garé comme une merde. Mais ils sont rares, on reçoit deux courriers par an et en général les gens sont de mauvaise foi et admettent tout de même qu'ils étaient mal garés.

Nous avons été approchés par les forces de l'ordre mais l'idée n'est pas de donner nos informations à qui que ce soit. On dénonce le fait d'être mal garé mais pas les personnes. On floute les plaques, on ne veut surtout pas faire de la délation".

Propos recueillis par Paulina Benavente