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Particuliers, entreprises... comment le TGV a changé leur vie

Le lancement de nouvelles lignes de train à grande vitesse ouvre de nouveaux horizons, aussi bien pour les salariés que pour les chefs d'entreprise. Témoignages.

La Bretagne et l'Aquitaine n'ont jamais été aussi proches de Paris. Ce week-end, deux nouvelles lignes à grande vitesse ont été inaugurées et permettent désormais aux usagers de rejoindre Rennes et Bordeaux en un temps record. Il ne faut en effet plus qu'1h25 pour relier Paris à la métropole bretonne et 2h04 pour parvenir jusqu'à la cité girondine. 

Comme à chaque fois qu'une ligne grande vitesse est ouverte, un "effet TGV" se fait ressentir dans les agglomérations concernées. Dans le domaine de l'immobilier avec des prix qui grimpent mais aussi et surtout dans le tissu économique local avec l'arrivée de nombreuses entreprises et de nouveaux habitants, attirés par la qualité de vie de la province mais soucieux de conserver leur emploi initial.

"55 minutes de train, c'est rien !"

Aujourd’hui à la retraite, Pascal Mignot a passé 15 ans entre Paris, où il travaillait dans une grande société pétrolière, et Le Mans, où il a décidé de déménager. Grâce au TGV, qui lui permettait de rejoindre la capitale chaque matin en seulement 55 minutes, Pascal a pu conserver son emploi, tout en bénéficiant d’une qualité de vie "nettement supérieure".

"Pour quelqu’un qui a vécu à Paris, 55 minutes de transport, c’est rien !", affirme-t-il à RMC.fr. "Plus d’embouteillages, moins de stress, une grande maison avec un vaste terrain pour le prix d’un studio parisien"… les avantages de la vie en province sont nombreux, estime Pascal. "J’avais des horaires de travail assez souples, et le fait de pouvoir vivre au Mans et de rejoindre mon travail en TGV était une solution très adaptée pour moi", raconte-t-il, avant de conclure : "Je ne regrette absolument rien".

"Le TGV a changé ma vie"

Un avis partagé par Yolaine de la Bigne, journaliste, qui a fait le choix il y a plus de 20 ans de s'installer en province, dans une petite commune des Côtes-d'Armor, tout en poursuivant son activité professionnelle à Paris. "Le TGV a changé ma vie, je n'aurais jamais pu avoir une telle vie sans le TGV et Internet", a-t-elle confié à l'AFP.

Pour cette chroniqueuse radio et écrivaine âgée de 59 ans, mère de trois enfants, le train est même devenu son "deuxième bureau". "J'adore le train, pendant mes deux fois deux heures, je revois mes articles, réponds à mes mails en retard... Heureusement que j'ai le train", assure-t-elle.

Seuls bémols: l'absence de wifi et l'augmentation des tarifs. "Il ne faudrait pas que le train devienne un luxe", craint Yolaine de la Bigne qui dépense en moyenne 450 euros par mois en billets de train "largement compensés par une vie à la campagne".

"Nous sommes une entreprise TGV"

Du point de vue des entrepreneurs, là aussi, le TGV permet d'ouvrir les perspectives. En mars 2015, après plusieurs années à l'étranger et à Paris, Matthieu Beucher décide de rentrer dans sa ville natale, à Rennes, pour créer son entreprise. Spécialisée dans la conception d'outils et de logiciels pour faciliter le travail en équipe, Klaxoon emploie désormais 130 salariés dont 30% prennent le train au moins deux fois par semaine.

"Nous sommes une entreprise TGV", explique pour RMC.fr l'entrepreneur qui précise que ses collaborateurs ont parcouru plus d'un million de kilomètres en train en 2016 contre 200.000 l'année précédente. "Nous passons environ 10% de notre temps dans les trains qui sont devenus de nouveaux espaces de travail", ajoute-t-il.

"On s'est longtemps posé la question d'ouvrir des bureaux à Paris à la demande des clients. Mais aujourd'hui, notamment grâce à la nouvelle ligne grande vitesse, notre localisation est un non-sujet et devient même parfois un atout", explique Matthieu Beucher.

"Il y a cinq ans, on devait convaincre les salariés pour qu'ils viennent s'installer à Rennes, aujourd'hui ce sont eux qui recherchent le mode de vie que nous leur offrons", assure-t-il. "Paris devient presque la banlieue de Rennes !", constate Matthieu Beucher qui ne regrette pas d'être resté alors que 95% de sa clientèle se situe hors de Bretagne.

Propos recueillis par Mélanie Rostagnat