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SNCF: "Ces grèves n'ont pas de dignité, elles sont incompréhensibles"

Les appels à cesser la grève se multiplient

Les appels à cesser la grève se multiplient - AFP

Soixante-quinze élus d'Ile-de-France ont appelé dimanche les grévistes SNCF à suspendre leur mouvement "en raison des inondations". Parmi eux, il y a aussi Jean-Frédéric Poisson, président du Parti Chrétien-Démocrate (PCD) qui s'en explique ce lundi sur RMC.

Pour la sixième journée consécutive, mais la onzième depuis le début de l'année, les usagers de la SNCF devront encore s'armer de patience ce lundi. En effet, si le trafic s'améliore légèrement côté TGV et TER (six trains sur dix en moyenne), il reste fortement perturbé pour les Intercités (un sur trois) et les Transiliens (un sur deux), ces derniers étant touchés aussi par les crues. Et alors que les syndicats et la direction de la compagnie ferroviaire ont rendez-vous pour une ultime réunion de sortie de crise, des élus ont appelé ce dimanche à la fin de la grève.

"Un appel à la décence"

Plus précisément, 75 élus d'Ile-de-France, pour l'essentiel Républicains, au premier rang desquels la présidente de région Valérie Pécresse, le président du Sénat Gérard Larcher et le député de Paris François Fillon, ont appelé dimanche les grévistes SNCF à suspendre leur mouvement "en raison des inondations". Parmi les co-signataires de cet appel, il y a Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines et président du Parti Chrétien-Démocrate (PCD).

"C'est un appel à la décence. Beaucoup de nos compatriotes ont perdu énormément de choses, vivent dans des circonstances compliquées et certains d'entre eux n'ont toujours pas d'électricité ni de chauffage. Si en plus ils doivent rencontrer des situations extrêmement difficiles pour aller travailler du fait des grèves…", s'emporte sur RMC celui qui est aussi candidat à la primaire de droite et du centre.

"Certains se servent de cette catastrophe naturelle pour stigmatiser les syndicalistes"

Et d'estimer que "ces grèves n'ont pas de dignité. Elles sont incompréhensibles et pourraient parfaitement avoir lieu dans d'autres moments et portent sur des circonstances qui n'ont pas lieu d'être. En effet, à ma connaissance, ceux qui font grève aujourd'hui ne sont absolument pas mis en danger par aucune disposition sociale, présente ou à venir".

Mais pour Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT, cet appel des élus Républicains "est un petit peu déplacé". "On a l'impression que certains se servent de cette catastrophe naturelle pour, à nouveau, stigmatiser les syndicalistes et les salariés qui font grève", justifie-t-elle avant d'ajouter: "Je ne pense pas que le fait d'être en grève mette en péril les gens. Que cela dérange le gouvernement, le patronat c'est une chose mais c'est très simple de faire cesser ces mouvements: il suffit de mettre tout le monde autour d'une table, ce qui créera un climat beaucoup plus serein".

M.Ricard avec A.Rosique et R.Poisot