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Trottinettes, vélos, voitures, scooters, piétons... En ville, la guerre est déclarée

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- - Christophe Simon - AFP

Les automobilistes n'en peuvent plus des incivilités des trottinettes et des vélos qui déplorent la dangerosité des voitures. Les piétons eux, s'indignent des aménagements urbains anarchiques.

En ville, les tensions sont vives entre véhicules motorisés d'un côté et mobilités dites douces de l'autre. Les motards et les conducteurs de voiture dénoncent un espace de plus en plus codifié et répressif à leur égard, tandis que les cyclistes et les conducteurs de trottinettes pointent du doigt des équipements peu adaptés. Seul point d'accord entre les deux parties, le comportement dangereux de l'autre, tandis que les piétons n'en peuvent plus des uns et des autres.

"Je vis à Paris et je travaille à Paris. Depuis pas mal de temps, quand je m’arrête au feu rouge, on se fait systématiquement doubler au feu rouge par des vélos et trottinettes qui ne respectent pas le code de la route. On est les seuls à respecter la loi dans cette ville, on se dit que c’est tellement injuste", déplore ce vendredi sur RMC, Romain, commercial parisien qui se déplace en scooter.

"J’ai un casque, j’ai des gants, demain je vais devoir rouler à 30 km/h comme les trottinettes et les vélos qui eux n’ont pas de casque et ne respectent pas le code de la route", déplore-t-il.

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Les aménagements urbains pointés du doigt

Christophe, maître d'hôtel à Amiens a lui été renversé par une voiture alors qu'il circulait à trottinette: "J'étais sur la voie réservée pour les cyclistes et les trottinettes et une voiture m'a renversé avant de faire un délit de fuite". Conséquence, une triple fracture du bassin, un mois et dix jours d'hôpital et deux ans après, toujours impossible de reprendre son travail. Il déplore les comportements dangereux mais aussi les aménagements qui ne sont pas adaptés:

"Tous les utilisateurs de trottinette ne respectent pas le code de la route. A Amiens on a des aménagements mais les voitures ne les respectent pas non plus. On se fait dépasser sur des voies de bus par des voitures qui n'ont rien à y faire. J'ai pris la route quand on m'a dit de prendre la route mais aujourd'hui sur la route, rien n'est respecté, les pistes cyclables sont devant des parkings de voiture. On a peur que les portières s'ouvrent", alerte-t-il.

Selon Christophe, il faut de vraies pistes cyclables pour que les vélos et trottinettes ne soient ni sur les trottoirs, ni sur la route pour ne pas gêner les voitures.

Elina Dumont, elle, a adopté une technique particulière pour éviter toutes les trottinettes et les vélos, la technique du chat: "Le chat, dès qu'il entend un bruit il tourne la tête. Parce que quand c'est rouge, on veut passer et bien non, il y a une trottinette qui coupe la route", raconte-t-elle. "Parfois, ils vont en sens inverse, assurant être dans le bon droit". Car à Paris, les cyclistes ont bel et bien le droit de prendre certaines rues à contresens.

Dans cette bataille pour l'espace public, les premières victimes sont les piétons déplore Nadejda Loujine, co-fondatrice de l'association Apacauvi, qui lutte contre l'anarchie urbaine et les incivilités: "Les piétons n'ont plus droit de cité", assure-t-elle pointant du doigt la "mauvaise gestion" des trottinettes, vélos et autres deux-roues qui "ne sont pas des mobilités douces".

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G.D.