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Victime d'une usurpation d’identité, il prend 3.000€ d'amende... et la SNCF porte plainte contre lui

Johann est victime d'une usurpation d'identité par une personne qui prend le train sans titre de transport. Après avoir reçu 3.000 euros de procès-verbaux pour des trajets qu'il n'a pas effectué, la SNCF a porté plainte contre lui pour "délit de voyage".

"Une situation pesante au quotidien". Il y a un mois, RMC s'engage pour vous se penchait sur le cas de Johann, dont l'identité est usurpée par un individu qui prend le train sans billet pour des trajets vers Auxerre, Migennes ou Avallon. Le vrai Johann n’y a jamais mis les pieds et pourtant, depuis plus d’un an, c’est bien lui qui reçoit les amendes.

Il a reçu pour plus de 3.000 euros de procès-verbaux et 180 euros ont déjà été saisis sur son compte. Chaque nouvelle réception d'un courrier est une épreuve pour lui. Il dit avoir " une petite boule au ventre, un petit haut-le-cœur" redoutant "quelque chose de plus grave" qu'une simple amende.

"Je me dis que du jour au lendemain, mes colocataires peuvent m'appeler pour me dire qu'il y a les huissiers à la maison, on est en train de saisir ton lit, ton armoire… C'est une situation qui n'est pas évidente et j'espère qu'elle sera rapidement réglée."

Les gares où le "faux Johann" a reçu des amendes pour absence de titre de transport:

Les gares où le faux Johann a reçu des amendes pour avoir pris le train sans billet
Les gares où le faux Johann a reçu des amendes pour avoir pris le train sans billet © RMC

"Mon rêve serait que la personne se fasse arrêter"

Après notre intervention, fin octobre, la SNCF a accepté de rouvrir le dossier de Johann. Il a dû envoyer toutes les preuves de sa bonne foi à l’adresse mail dédiée à ce type de problèmes: usurpation@sncf.fr. En moins d’une semaine, l’entreprise est revenue vers lui et a annulé cinq amendes. Un début de bonne nouvelle.

Sauf que la SNCF a porté plainte contre lui pour "délit de voyage". C’est désormais au procureur de décider ou non d’ouvrir une enquête. De plus, il reste seize contraventions que la SNCF ne peut pas annuler car elles sont déjà entre les mains de la justice, plus précisément de l’Officier du Ministère Public de Paris. Johann, qui "n'y croyait plus", a donc refait son dossier et l’a envoyé au tribunal. Une nouvelle démarche qui "a fait vraiment avancer les choses".

"J'ai l'impression que la SNCF comprend petit à petit que ce n'est pas moi. Mais il y a quand même quelqu'un qui est dans la nature, avec mon identité. Mon rêve serait que la personne se fasse arrêter pour vraiment mettre fin à tout le problème."

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Johann va continuer à recevoir des amendes

Avec cette nouvelle contestation, tout devrait rentrer dans l’ordre. Sinon, Johann pourra toujours saisir la Défenseure des droits qui peut aider dans ce type de dossier. En attendant, Johann va toujours recevoir des amendes. Et il devra les contester à chaque fois, parce que, selon la SNCF, “rien ne prouve que Johann ne se sert pas de cette usurpation d’identité pour réellement voyager sans titre de transport”. Ainsi, il devra prouver systématiquement son innocence.

Mais grâce à l'équipe de RMC s'engage pour vous, la SNCF a néanmoins alerté tout son réseau de contrôleurs, des TGV aux TER, du réseau Transilien aux Intercités, sur le cas de Johann. S’ils tombent sur un voyageur se présentant comme étant Johann, ils vérifieront son identité et alerteront les autorités. L’entreprise espère ainsi que l’usurpateur sera vite arrêté.

RMC s'engage pour vous
Pour contacter notre équipe: rmcpourvous@rmc.fr

Joanna Chabas, Elise Denjean, Amélie Rosique avec Maxime Martinez