RMC

ZFE: le gouvernement envisage d'ici 2024 des "contrôles automatisés" qui interrogent

Le sujet pourrait être explosif. Le gouvernement a annoncé, mardi, qu'il voulait des contrôles automatisés dans les zones à faible émission (ZFE) en 2024. Dans ces zones, les véhicules Crit'Air 5, 4 puis 3 vont progressivement être interdits et les contrevenants risqueront une amende de 68 euros.

L'installation à venir des zones à faible émission (ZFE) pourraient-elles être le déclencheur d'une nouvelle crise sociale? De nombreux députés le pensent. Aujourd'hui, 11 métropoles sont concernées par ces ZFE. Par exemple, dans la métropole de Rouen (Seine-Maritime), les véhicules Crit'Air 4 et 5 sont interdits depuis le 1er septembre. Si pour le moment il n'y a aucune verbalisation, cela devrait changer au 1er mars 2023. En attendant, les automobilistes concernés continuent de rouler.

Chaque métropole met en place les interdictions à son rythme, mais, mardi, le gouvernement a annoncé qu'il voulait un système de "contrôles automatisés".

Des zones à forte expulsion sociale?

Une mesure risquée selon certains élus car elle pourrait faire vivement réagir. "Le gouvernement met la sanction avant la solution", tacle un cadre des Républicains. Pour lui, cette exclusion des véhicules les plus polluants sera insupportable pour les millions de conducteurs potentiellement concernés.

"Les zones à faible émission peuvent devenir des zones à forte expulsion sociale, notamment si les personnes ne peuvent plus rentrer en centre-ville à cause de leur véhicule polluant", explique, de son côté, Antoine Vermorel-Marques, député LR de la Loire.

Si des aides pour changer de véhicule existent et évoluent, comme le bonus écologique, des prêts à taux zéro ou encore la prime à la conversion, cela pourrait ne pas être suffisant.

"C'est la double peine pour les automobilistes"

"Il faut aider les plus modestes, doubler les aides de l'État, car nous ne voulons pas que les ZFE provoquent une crise sociale", affirme Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et vice-président de l'association France Urbaine, invité sur RMC ce mercredi.

Au Rassemblement national, on réclame la disparition complète des ZFE. "C'est la double peine pour les automobilistes avec le prix des carburants", râle un député.

Du côté de la majorité, les élus sont mitigés. Certains admettent que "ça peut être brûlant", mais d'autres insistent sur la nécessité de la mesure. D'après Santé publique France, 47.000 décès en 2021 étaient liés à la pollution de l’air.

Une amende de 68 euros

"Dans un premier temps il y a une volonté de sensibilisation et donc de déployer les ZFE, d’y mettre de la pédagogie et au moment où on voudra que ça soit efficace, il y aura un contrôle derrière", affirme Jean-Marc Zulesi, député Renaissance des Bouches-du-Rhône et président de la commission Développement durable.

Il ajoute: "Il ne faut pas accélérer l’agenda parce qu'il y a une inquiétude d’acceptabilité sociale de ces ZFE."

Concrètement, les voitures Crit'Air 5, 4 puis 3 seront progressivement interdites dans ces Zones à faible émission. À l'horizon 2025, ce sont 43 agglomérations d'au moins 150.000 habitants qui seront concernées. Les contrevenants risqueront, quand les contrôles seront mis en place, une amende de 68 euros.

La rédaction