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Nos murs Facebook se transforment en éditos politiques: "j'en ai ras-le-bol, depuis dimanche j'ai viré 25 amis"

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Entre la position des mélenchonistes, le score du Front national ou encore la campagne confuse d’Emmanuel Macron, l'entre-deux-tours n’en finit pas d’alimenter les discussions sur les réseaux sociaux. De quoi écœurer, Lionel qui confie à RMC.fr "en avoir ras-le-bol".

Lionel (prénom d'emprunt), 30 ans, consultant en immobilier:

"J'en ai ras-le-bol de ces nouveaux éditorialistes qui publient des fake news et qui font du prosélytisme à deux balles. Ça m'écœure parce que finalement rien n'est fondé sur rien, aucun argument ne se tient, il n'y a aucune analyse profonde. Ce n'est que critiquer l'autre sans pour autant défendre le projet soutenu. Ça m'a tellement gonflé de lire autant de propos sans fondements que depuis les résultats du premier tour, j'ai viré 25 de mes potes sur Facebook. Et ce n'est pas parce qu'ils tenaient des discours qui n'allaient pas dans le sens de mon vote.

Ces personnes jugent un programme sans même l'avoir lu. Ça n'a aucun sens. Le pire, c'est qu'ils ne mettent en avant que des épiphénomènes, des images caricaturales ou détournées des candidats. Sauf qu'au bout d'un moment, j'ai envie de dire à ces personnes: 'Réfléchissez deux secondes avant de poster vos messages!' Les réseaux sociaux ne sont pas pas un défouloir. A un moment donné, trop c'est trop. Avant la campagne, il y avait déjà quelques commentaires qui m'énervaient mais depuis janvier c'est insupportable.

"Stop au prosélytisme à trois francs six sous"

J'ai surtout l'impression que les attaques sont dirigées contre Emmanuel Macron. Les gens ont une haine envers lui, et ce, bien avant les résultats du premier tour. Il est jeune, il a été banquier, il n'a donc aucune expérience et donc forcément c'est une m… Voilà le genre de raccourci que je peux lire. Ça me rend hystérique. Ça n'a aucun sens. Et c'est exacerbé depuis les résultats du premier tour. Ils ne réfléchissent pas une seconde à ce qu'ils publient. C'est déprimant.

Si la personne écrit un message argumenté, même s'il ne va pas dans le même sens que moi, ça ne me dérange pas. A la limite, ça m'intéresse d'aller voir les arguments des autres et ça peut aussi me faire changer d'avis mais quand il s'agit d'une fausse information ou que son discours n'a pas de sens, je m'en fous. On s'en fout que Macron soit mariée avec une femme de 62 ans. On n'en a rien à cirer qu'il n'ait pas d'expérience politique s'il est bien entouré. On s'en fout de savoir que Le Pen ait tenu tel ou tel propos, ce n'est pas ça le sujet. Sauf que mon Facebook est pollué par ce genre de messages. Et j'ai l'impression qu'il y en a beaucoup plus qu'en 2012. Les gens se lâchent plus, ça en devient n'importe quoi. Stop au prosélytisme à trois francs six sous sur Facebook. Votre avis on s'en fout."

Propos recueillis par Maxime Ricard