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Piratage: les Français ont peur pour leurs photos intimes

La protection des données compte de plus en plus pour les Français. Une étude montre que quatre Français sur dix ont peur de se faire pirater des photos intimes.

Près de quatre Français sur dix ont peur de se faire pirater des photos intimes. Plus d’un tiers des Français a des photos intimes dans son téléphone, son ordinateur ou dans le cloud.

Pour être précis, la question posée par l’institut Ifop dans cette étude auprès de 1.000 Français représentatifs était la suivante: "dans la perspective d’un piratage, les risques suivants vous inquiètent-ils?" En tête de liste arrive le vol de données bancaires (88%) devant l'usurpation d’identité (86%) et la perte de données sur leur ordinateur (80%). Des résultats assez logiques. Mais la publication de photos de vous ou de votre partenaire nus ou dénudés culmine à 38%. 26% des Français se disent même très inquiets.

Les femmes plus inquiètes que les hommes

Si on entre dans le détail, les femmes sont plus inquiètes que les hommes (41 contre 36%) et ce sont majoritairement les jeunes: 63% des 18-24 ans. Ce qui signifie que près des deux tiers de cette tranche d’âge a ce genre de photo sur ses appareils électroniques ou stockés via des messageries de réseaux sociaux.

Cette pratique est relativement risquée, à cause des risques de piratage, que ce soit d’un ordinateur, d’un téléphone ou d’une plateforme (réseau social, service de cloud...) qui héberge ses photos. Sans compter les risques de "revenge porn", diffusion sur internet de photos sans consentement après une rupture par exemple, une pratique relativement courante malheureusement.

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Des fonctionnalités "anti nudes"

Certaines applications commencent à embarquer des fonctionnalités "anti nudes", autrement dit des selfies dans votre plus simple appareil, comme FamiSafe par exemple, qui va automatiquement détecter les contenus explicites sur le smartphone, que ce soit des des photos suspectes ou des messages type sexto. Le logiciel analyse le clavier et les mots qu’on utilise et envoie un message d’alerte en cas de contenu trop osé.

On a aussi des applications à la pelle qui permettent de suivre son enfant ou son ado à la trace, il existe même des applications espionnes qui peuvent être installées à leur insu pour voir tout ce qu’ils font. Franchement, on peut douter de l’efficacité de ces outils qui misent sur la surveillance électronique plutôt que sur la discussion: les ados trouveront toujours un moyen détourné (y compris pour cacher certaines photos à l’abri de tout contrôle parental, on peut créer des fichiers cachés sous l’icône d’une application qui semble innocente, genre calculatrice, mais ce sera l’objet d’une autre chronique).

Ces applications de tracage sont surtout un business très juteux, puisqu’il faut payer 60 euros par an environ pour surveiller à distance le smartphone de son ado. Une somme que de nombreux parents un peu anxieux sont prêts à débourser.

Un téléphone qui empêche de prendre des photos dénudées

Le Tone e20 est commercialisé au Japon. Son princiapl argument de vente, c'est qu'il est équipé nativement d’une application qu’on ne peut pas désinstaller qui empêche de prendre et d’envoyer des "nudes". L’objectif c’est d’éviter que les enfants et les ados ne soient piégés par des prédateurs qui les incitent à envoyer des photos dénudées.

C’est une intelligence artificielle embarquée qui va analyser l’image que vous vous apprêtez à prendre en photo et détecter de la nudité (les vêtements que vous portez et la quantité de peau que vous exposez sur la photo). Si l’algorithme estime que les bornes ont été franchies -sur quels critères on ne le sait pas-, on ne peut pas appuyer sur le bouton de l’appareil photo, qui se bloque.

L’image ne peut pas être sauvegardée, ni envoyée. Et, comble de la honte, une version floutée de l’image est envoyée aux parents, avec la date et le lieu ou le cliché a été –ou plutôt n’a pas été-pris. On ne sait pas, par contre, si on peut prendre un tableau de nu au Louvre par exemple, on sait que les outils de reconnaissance d’image s’y font souvent tromper.

Anthony Morel (avec MM)