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Niveau de vie des jeunes: "il ne leur reste rien"

Le fossé se creuse entre les générations. En 30 ans, les revenus des jeunes ont augmenté de 3% contre 156% pour les plus de 60 ans. Autres chiffres, même constat, le taux de pauvreté est de 23% chez les moins de 30 ans pour 8% chez les plus de 60 ans. Pour Bernard Spitz, auteur de On achève bien les jeunes (ed. Grasset), les jeunes sont la variable d’ajustement de la société.

La société française ne donne pas sa chance aux jeunes, selon Roselyne Bachelot. Entre filières de formations sans espoir, contrats précaires, logements inaccessibles, retraites en voie de disparition, le présent et l’avenir des jeunes est de plus en plus sombre. Pour Bernard Spitz, invité de 100% Bachelot et auteur de On achève bien les jeunes (ed. Grasset), les politiques ne s’intéressent plus aux moins de trente ans.

"Le problème, c’est que la pauvreté était un phénomène de vieux. Il y avait 14% des seniors qui étaient en deçà du seuil de pauvreté et les jeunes n’étaient pas du tout un problème. Donc la société s’est mobilisée pour mettre fin à cela et a créé le minimum vieillesse. On l’a ensuite augmenté petit à petit sans vouloir pénaliser les jeunes. Simplement, alors que cela s’arrangeait pour les plus âgés, la situation s’est détériorée pour les jeunes".

L’auteur explique ensuite, qu’aucun changement démographique n’a été anticipé. "Ce qui s’est passé, c’est que la démographie est implacable. Les gens vivent plus longtemps donc les enfants héritent quand ils sont plus âgés. Ils ont déjà derrière eux leur vie professionnelle. De plus, les familles sont maintenant souvent éclatées donc il n’y a pas la même solidarité".

Une bulle immobilière qui a explosé

"Avant, on achetait nos appartements beaucoup plus facilement alors que maintenant, si les parents ne sont pas derrière, c’est impossible pour les enfants. A côté de ça, il y a l’évolution que l’on sait en matière d’emploi avec un taux de chômage des jeunes considérable. Quand on met tous ces éléments bout à bout, on a une dégradation complète", analyse-t-il aussi.

Enfin, Bernard Spitz avance une inégalité rarement mise en avant, la santé des jeunes: "Il y a une dégradation spectaculaire de l’aspect sanitaire. Les jeunes ne se soignent pas, faute de complémentaire santé. La médecine scolaire qui venait rétablir un peu d’égalité a quasiment disparu. Notre société a choisi de faire de ses jeunes la variable d’ajustement. On se préoccupe de tout le reste et on regarde ce qu’il leur reste, et bien il ne leur reste rien".

100% Bachelot avec A. B