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Les robots vont-ils bientôt remplacer les médecins dans les hôpitaux?

"C'EST CA LE PROGRES" -  Des innovations sont déjà utilisées dans les hôpitaux comme pour certaines opérations ultra-précises.

Dans l’hôpital de demain, les robots y seront de plus en plus nombreux. Et ça va changer la vie des médecins et des patients.

La robolution est en marche partout, y compris à l’hôpital. Des robots qui vont servir de troisième main du chirurgien, ultra-précise et qui ne tremble jamais. Comme Da Vinci, utilisé depuis près de 20 ans et que j’ai eu l’occasion de tester. Un système de bras robotiques, une sorte de pieuvre, utilisé notamment en chirurgie digestive ou en urologie et qui permet d’opérer avec un niveau de précision redoutable. Le chirurgien est assis derrière une console, à quelques mètres du patient, il voit par une caméra et il va manier les bras du robot, grâce à des manettes, un peu comme dans un jeu vidéo. 

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Au bout de chaque bras, des micro pinces, un peu comme des mains humaines mais en miniature, qui vont permettre de réaliser des gestes ultra précis. Et c’est tout l’intérêt. En clair, on va beaucoup moins “charcuter” le patient qu’avant. On appelle ça la chirurgie mini-invasive. On fait de toutes petites incisions, et du coup on se remet plus facilement, on cicatrise plus vite, il y a moins de complications. On limite les risques d’infection et les cicatrices sont plus petites aussi. 

On va aussi pouvoir se servir de ce genre d’outil pour opérer à distance. Le chirurgien a un casque de VR sur la tête, il voit son patient comme s’il était physiquement devant lui, et il va contrôler à distance ces micro pinces. Le meilleur chirurgien de sa spécialité peut opérer à l’autre bout du monde.

En France on en est où ? C’est très utilisé ce genre de machine ?

C’est de plus en plus fréquent. En France, on compte environ 180 de ces robots, la moitié des opérations de la prostate passent désormais par ces robots, aux Etats-Unis c’est plus de 90%. L’avantage de ces micro-outils, c’est qu’en fonction des opérations, le temps d’hospitalisation peut être divisé par trois ou quatre. L’un des enjeux de l’hôpital du futur, c’est de privilégier ce qu’on appelle la chirurgie ambulatoire, c’est-à-dire le patient qui entre le matin et qui ressort le soir, ou en tout cas qui passe le moins de temps possible à l’hôpital. 

Par ailleurs, il faut noter qu’en France on est en pointe sur ces technologies révolutionnaires. Notamment à Montpellier, où on a un vrai pôle d’innovation dédié à la robotique médicale avec des entreprises comme Quantum Surgical qui a mis au point un incroyable robot, baptisé Epione. Il est utilisé pour réaliser des ablations tumorales du cancer du foie. On parle de robots qui peuvent potentiellement sauver des vies.

L’étape d’après, ce serait carrément de rendre ces robots autonomes. 

Une opération sans chirurgien, ce sera possible ?

On sait que pour faire des sutures par exemple, les robots sont aujourd’hui plus performants que des médecins même très bien entraînés. Aux Etats-Unis, un robot autonome a réalisé une opération des intestins sur un cochon. Et il s’en est mieux sorti que ses homologues humains. C’était une expérience menée par des scientifiques de l’université américaine Johns Hopkins. 

On a donné une même procédure chirurgicale, en l’occurrence il s’agissait de recoudre des intestins de porc, à réaliser à des chirurgiens humains d’un côté, et un robot de l’autre. On lui a fait ingurgiter une base de données de procédures médicales pour qu’il sache exactement quelles étapes il faut suivre. Résultat de l’expérience, non seulement le cochon opéré par le robot a survécu, mais surtout le robot s’en est mieux que les chirurgiens humains, sur tout un tas de critères, comme la précision des sutures, leur espacement, la tension entre les différents segments recousus. 

Ça ne veut évidemment pas dire que les robots vont remplacer les chirurgiens, mais leur rôle va changer. Ils seront là pour superviser les machines, reprendre la main quand il y a un problème comme les pilotes d’avion, où quasiment tout est automatisé.

Anthony Morel