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Pass sanitaire obligatoire: "Les tests ont coûté plus de 300 millions d’euros par mois", dénonce le Pr. Robert Sebbag

Dans "Estelle Midi", l'infectiologue affirme qu'il aurait préféré un "pass vaccinal" afin que les gens ne se fassent plus tester pour leurs activités de loisirs.

Nouvelle étape dans le pass sanitaire ce lundi. Il devient désormais obligatoire pour les employés des lieux où le public devait déjà le présenter. En tout 1,8 millions de Français sont concernés et doivent justifier pour aller travailler d'une vaccination complète, d'un rétablissement du Covid-19, ou d'un test négatif de moins de 72 heures.

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Mais c’est justement cette option supplémentaire qui dérange quelque peu le professeur Robert Sebbag. En effet, selon lui, la France aurait dû faire le même choix que New York à savoir imposer un pass vaccinal et non un pass sanitaire.

“On a pas osé aller jusque-là. Le pass vaccinal, c’est la vaccination obligatoire. Il y a des gens qui vous disent, je ne veux pas du “pass sanitaire”, je n’irai pas au restaurant. Et bien là s’ils ne veulent pas se faire vacciner, ils n’iront pas non plus au restaurant. 
Parce qu’est-ce qu’il se passe aujourd’hui, je l’ai vu cet été, des gens qui viennent se faire tester tous les trois ou quatre jours pour aller au cinéma ou au café parce qu’ils ne veulent pas se faire vacciner. Et ça a un coût pour la collectivité”, appuie le médecin.

En effet, la facture du dépistage, qui a coûté 2,2 milliards d'euros en 2020, est estimée à 4,9 milliards cette année.

"Une mesure en faveur de l'égalité"

Un coût qu’il estime extrêmement élevé. “Depuis le début de l’épidémie, les tests ont coûté plus de 300 millions d’euros par mois. C’est pour ça que moi, j’étais pour le pass vaccinal. Il faut faire attention à cette notion de liberté parce que derrière ça, on prend la notion d’éthique pour refuser la vaccination. Ce sont des antivax déguisés”, affirme Robert Sebbag.

Pour la journaliste, Annie Lemoine, cet élargissement du pass sanitaire va plutôt dans le bon sens, car il met sur un pied d’égalité employés et clients.

“C’est une mesure qui va en faveur de l’égalité. Peut-être que dans un deuxième temps, il faudra pousser cette mesure pour toutes les entreprises et pour tous les salariés, ça dépendra des chiffres. Mais il faut faire un petit zoom arrière et se rendre compte que ces mesures visent à contrôler une pandémie. Et donc ces mesures ont surtout pour but de protéger les plus vulnérables”, ajoute-t-elle.

6 millions de dépistages

Si les chiffres d'un premier bilan concernant le pass sanitaire sont attendus d'ici la fin de semaine, en revanche, ceux des tests de dépistage du Covid-19 battent des niveaux records, comme le chiffre proche de 6 millions la semaine dernière, selon les chiffres publiés jeudi par le ministère de la Santé.Le nombre de tests se stabilise au plus haut", avec un peu moins de 5,7 millions de tests PCR et antigéniques validés entre le 16 et le 22 août, indique le service statistique du ministère (Drees) dans un communiqué. C'est quasiment autant que la semaine précédente, marquée par l'extension du pass sanitaire aux cafés, restaurants et trains, qui avait fait exploser la demande à plus de 5,7 millions de tests, contre 4,2 millions début août.

Un bond permis par l'offre abondante de tests antigéniques, qui représentent depuis deux semaines deux tiers du volume, tandis que les PCR restent limités par les capacités d'analyse des laboratoires de biologie médicale. Le système de dépistage devrait rester fortement sollicité à la rentrée car environ 10 millions d'adultes ne sont à ce jour pas complètement vaccinés et doivent donc se faire tester pour obtenir un pass sanitaire.

Fin septembre, les adolescents de 12 à 17 ans devront à leur tour disposer d'un pass pour accéder à ces endroits. Pour les plus jeunes, le retour à l'école primaire s'accompagnera d'une campagne massive: le gouvernement a fixé un objectif de 600.000 tests salivaires hebdomadaires.

De quoi maintenir la pression jusqu'à la mi-octobre, échéance fixée par l'exécutif pour la fin de la gratuité des tests. Actuellement pris en charge à 100% par la Sécurité sociale sans avance de frais (environ 44 euros pour un PCR, 25 euros pour un antigénique), ceux-ci deviendront payants, à moins d'être justifiés par une prescription médicale.

Guillaume Descours