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Emplois présumés fictifs au FN: "tout ça n'a absolument pas d'importance sur l'électorat"

Alors que le Front national est suspecté d'avoir indûment versé des salaires à des assistants parlementaires au Parlement européen, les Grandes Gueules veulent savoir pourquoi les médias parlent moins des affaires du FN mais aussi savoir si ces affaires ont un impact sur son électorat. Autant de questions posées à Jean-Yves Camus, politologue spécialiste du FN.

Marine Le Pen a démenti vendredi avoir reconnu l'emploi fictif de son garde du corps comme assistant parlementaire européen, contredisant un rapport de l'organisme antifraude de l'UE dévoilé jeudi par Mediapart et Marianne. C'est "un mensonge éhonté, je n'ai jamais reconnu quoi que ce soit devant des enquêteurs, d'ailleurs que je n'ai jamais vus", a affirmé la candidate du FN à France Bleu Besançon. Selon le rapport de l'Olaf, la députée européenne a reconnu avoir salarié fictivement son garde du corps, Thierry Légier, comme assistant parlementaire pour "régulariser des salaires et charges".

Au total, la présidente du Front national est citée dans trois affaires politico-financières distinctes: les assistants européens donc, le financement des campagnes et la sous-évaluation de son patrimoine. Pour autant, ces affaires semblent avoir beaucoup moins d'impact sur son électorat. "Ce qui donne une sorte d'impunité au Front national c'est qu'il n'a jamais exercé la magistrature suprême, analyse Jean-Yves Camus, politologue spécialiste du FN. Tant que le parti sera uniquement présent au Parlement européen, les électeurs du FN, qui n'ont pas une grande estime pour ces institutions européennes, se diront que le parti se paye sur la bête".

"Tant que le parti n'a pas été au pouvoir, il est supposé plus propre que les autres"

"Je crois donc que tout ça n'a absolument pas d'importance. Les affaires d'argent poursuivent le FN depuis des années, rappelle-t-il encore dans les Grandes Gueules. Ainsi, en 1984, année où pour la première fois le parti envoie des députés au parlement européen, on apprend que l'un d'eux paye sa place (un million de francs de l'époque). La presse en a fait ses choux gras pour autant ça n'a pas empêché l'élection des députés".

"Cela a été comme ça tout le temps parce que finalement tant que le parti n'a pas été au pouvoir et tant qu'il n'a pas montré sa capacité, ou son incapacité, à exercer cette fonction, il est supposé être un peu plus propre que les autres, indique encore Jean-Yves Camus. La seule chose qui peut peut-être faire bouger l'opinion des électeurs frontistes c'est une issue judiciaire, une mise en examen".

M.R avec Les Grandes Gueules