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"Il faut redonner un peu de virus au sein de la population et le surveiller" selon l'infectiologue Benjamin Davido

Invité des "Grandes Gueules", le spécialiste estime que la seule solution pour sortir de cette crise sanitaire est de réintroduire le virus de manière contrôlée de sorte qu'une plus grande partie de la population soit immunisée.

Depuis quelques jours, les médecins constatent une baisse du nombre d’entrée de malades atteints du coronavirus dans les services de réanimation. Face a cette situation qui s’améliore, le président de la République a encore voulu se donner du temps et a prolongé le confinement jusqu’au 11 mai. 

Cependant, si le déconfinement est désormais envisageable, pour les médecins, la crainte d’une deuxième vague est toujours présente. En effet, c’est même le scénario le plus probable pour certains car la majorité de la population n’est pas immunisé contre ce virus. 

“On est dans un labyrinthe, et peut-être qu’à un moment donné, on va se rendre compte qu’il faut rebrousser chemin et faire marche arrière. C’est pour ça qu’à mon avis, une des solutions à l’épidémie, c’est le système du stop and go. C’est-à-dire, on ouvre la vanne, on va laisser rentrer les enfants, qui sont ceux qui sont les moins fragiles et qui tombent très peu malades du virus. Et puis si on s’aperçoit en suivant l’épidémie, et c’est pour ça qu’il faut faire du tracking, qu’il y a une remontée et que ça se dispatche sur l’ensemble du territoire, et bien on refermera la vanne, et ainsi de suite. Et c’est probablement la seule solution qu’on a”, affirme Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches. 

Un risque de deuxième vague plus forte ?

L’autre solution serait de prendre une posture attentiste, et prolonger encore et encore le confinement jusqu’à l’arrivée d’un vaccin qui pourrait être d’ici un ou deux ans.

“Il faut que le virus se diffuse à bas bruit, c’est une forme de vaccination. L’idée, c’est de redonner un peu de virus au sein de la population et de le surveiller, de le contrôler. C’est un enjeu, c’est un pari, mais c’est un pari sanitaire face à une crise sans précédent”, indique-t-il.

Il espère que d’ici le 11 mai et donc la réouverture des établissements scolaires notamment, le pays sera près à faire face avec des tests, et des masques. “Il faudrait qu’à partir de cette date, soit capable de faire du dépistage massif. Et le test le plus simple, c’est le test sérologique fiable”, ajoute-t-il.

Il précise par ailleurs qu’en cas de deuxième vague, si celle-ci n’est pas contrôlée, “elle sera beaucoup plus forte que la première”.

Guillaume Descours