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Accalmie aux urgences de Saint-Denis: "On ne veut pas crier victoire trop vite"

Le nombre de patients en réanimation baisse, pour le sixième jour consécutif. L'afflux dans les services d'urgences semble aussi se calmer. Reportage à l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis.

Sur l'écran d'ordinateur, le plan du service est quasi vide: "C'est une journée un peu calme. On n'a que 4 patients présents sur les urgences ce qui presque du jamais vu".

Seuls 7 patients Covid sont entrés aux urgences depuis ce matin. Tatania, infirmière, souffle après un mois extrêmement éprouvant: "On se dit 'ouf', qu'on peut se reposer un petit peu, poser les choses dans nos têtes, et en même temps, on se demande quand ça va reprendre. On est fatiguées, mais l'adrénaline nous tient".

Une inquiétude partagée par sa collègue Oria qui reste aux aguets: "Là on est dans une phase calme, on espère qu'elle se prolongera le plus longtemps possible parce que ça voudra dire qu'on a amorcé une décrue. Mais là, on ne veut pas crier victoire trop vite".

"On ne sait pas si ça va remonter, c'est la grande peur de tout le monde"

Mathias Wargon, le chef du service des urgences reste aussi prudent:

"On est dans un entre-deux. On ne sait pas si ça va remonter, c'est la grande peur de tout le monde. Ce que j'espère, c'est que lors du déconfinement, on espère pouvoir intégrer les malades du coronavirus dans un flux de patients normaux, ça nous arrive toute l'année de devoir mettre des patients à l'isolement. S'il y a une deuxième grosse vague, on sera obligés de revenir à un état qui sera de celui de maintenant".

Tous sont épuisés et depuis un mois, les horaires ont changé, les vacances et les RTT annulées. Une organisation de crise, explique Valérie Ibrir, cadre de santé: "Il ne faut pas que ça dure plus de 4 semaines. Les cadres sont fatigués, les agents sont fatigués, les médecins sont fatigués. Si ça dure plus de 4 semaines, on va tous tomber un par un".

Autre effet de cette accalmie: les patients non-Covid franchissent à nouveau la porte des urgences.

Caroline Philippe et Benjamin Pelsy