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On est en train de crever: le cri du cœur des commerçants de Toulouse contre les manifestations des gilets jaunes

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- - PASCAL PAVANI / AFP

Ils dénoncent les violences et les manifestations à répétition depuis deux mois qui provoquent une importante baisse de leur chiffre d'affaires.

Les commerçants toulousains sont excédés. Depuis plusieurs semaines, leur chiffre d’affaires est en forte baisse à cause du mouvement des "gilets jaunes". Selon le quotidien La Dépêche, une enquête de la CCI révèle que 97 % des 247 commerçants interrogés constatent une baisse de leur chiffre d'affaires et 25 % d'entre eux dans une proportion de 40 à 50 %.

"On a tiré le signal d’alarme au mois de décembre en expliquant qu’on demandait uniquement de travailler en paix. La préfecture, en tant que représentant de l’État, n’a pas mis les moyens nécessaires pour assurer la sécurité des commerçants et des riverains de Toulouse. Samedi, chiffres de la préfecture, il y avait 9000 manifestants et 1000 casseurs", explique Philippe Léon, commerçant de la ville. 

"On n'est pas contre eux"

Il explique ne pas être opposé aux "gilets jaunes" mais dénonce plutôt l’ordre public qui n’est pas assez efficace contre les casseurs. "Sur le fond, il y a beaucoup de commerçants qui sont d’accord avec les ‘gilets jaunes’ mais pas sur le mode opératoire", poursuit-il.

Olivier, lui aussi commerçant à Toulouse s’inquiète de l’acte 10 qui doit avoir lieu ce samedi.

"Ce que je voudrais qu’ils comprennent, c’est qu’on n’est pas contre eux. On veut simplement bosser, c’est tout ce qu’on veut. Des combats, il y en a à mener, les choses ne sont pas justes, mais nous, on est en train de crever", détaille-t-il. 

Sur la période de fin d’année, cet artisan bijoutier a vu son chiffre d’affaires chuter de 30% à 35%. "En début d’année, toutes les charges vont tomber, il faudra les payer et on ne fait pas d’argent. Il y aura des délais, mais le mouvement, on ne sait pas quand il va s’arrêter", se désole le commerçant. 

Guillaume Descours