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Sophie Cluzel assure que la loi Elan ne sera pas défavorable aux personnes handicapées

Le gouvernement est sous le feu des critiques après la diminution de la part de logements accessibles aux handicapés dans les logements neufs qui passe de 100% à 10%. La secrétaire d'Etat Sophie Cluzel a tenté, ce mardi sur RMC, de préciser la différence entre 100% "accessible" et 100% "évolutif", une notion encore floue.

Une annonce qui passe mal. De 100% à 10%: la forte réduction dans la loi Elan du nombre de logements neufs obligatoirement accessibles aux personnes handicapées suscitait lundi de vives critiques, le gouvernement arguant que tous devront désormais être "évolutifs", une notion encore très floue, que la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées a tenté d'expliquer ce mardi dans Les Grandes Gueules.

"Régression", "discrimination": l'adoption vendredi en première lecture à l'Assemblée nationale d'un article de la loi logement qui réduit à 10%, contre 100% aujourd'hui, la part de logements accessibles aux personnes à mobilité réduite passe mal.

Selon ce projet de loi, au sein de chaque bâtiment à usage d'habitation ou à usage mixte, seuls un dixième des logements devront être accessibles, tandis que les autres devront être "évolutifs", c'est-à-dire adaptables à la perte d'autonomie et au vieillissement. Tout le weekend, les principaux intéressés, anonymes ou militants, ont regretté sur les réseaux sociaux de ne plus avoir "le choix d'un lieu d'habitation", voire "de ne simplement plus pouvoir rendre visite à des amis".

"On conserve ce chemin accessible depuis le trottoir jusqu'à l'appartement d'une personne"

Des inquiétudes auxquelles Sophie Cluzel a tenu à répondre sur RMC ce mardi midi. Elle assure que les personnes en situation de handicap seront protégées par d'utres mesures notamment sur l'accessibilité des logements.

"Je veux surtout dire que de 100% accessible on passe à 100% évolutif. Il y a une mécompréhension sur cette notion. Je tiens à rassurer les personnes handicapées qui nous écoutent. Cela ne veut pas dire que l'on sera assigné à résidence car on conserve ce chemin accessible depuis le trottoir jusqu'à l'appartement d'une personne."

"Ce n'est pas une régression sociale c'est un changement de paradigme"

Tout sera donc conservé, la nuance étant très fine entre "évolutif" et "accessible".

"Une personne en fauteuil peut rendre visite à une personne, on ne touche pas à cette accessibilité de chemin qui est importante, on ne touche pas à l'accessibilité d'une pièce à vivre. On peut aller dans le salon et dans les toilettes chez n'importe qui quand on est en fauteuil roulant. L'évolutif va permettre de bouger des cloisons (...) Ce n'est pas une régression sociale c'est un changement de paradigme. On va vers une accessibilité 100% de tous types de handicaps et des besoins des personnes. La réponse sera mieux adaptée à tout le monde."

Une nuance technique qui satisfera peut-être pas les nombreuses voix s'élevant accusant le gouvernement de s'être pliés aux exigeances des lobbys du bâtiment.

J.A. avec les GG