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Directives anticipées : "Je veux éviter à mon entourage de prendre une terrible décision"

Les directives anticipées permettent à chacun d'exprimer son choix médical pour la fin de vie notamment en cas d'accident grave.

Si le souhait de Vincent Lambert, de refuser ou non tout "acharnement thérapeutique" avait été écrit noir sur blanc avant son accident, le feuilleton judiciaire et la bataille familiale qui ont entouré le drame n’auraient peut-être jamais eu lieu. Pour éviter le plus ce cas de figure, depuis le 1er janvier 2016, toute personne majeure peut anticiper en formulant ses dernières volontés médicales, les "directives anticipées", sur un document écrit daté et signé.

Pour le moment seuls 13% des Français ont rédigé leurs directives anticipées. C’est le cas de Dominique 45 ans, qui a rédigé ses souhaits il y a un mois : "Je veux éviter cette terrible décision à mon entourage", explique-t-elle ce jeudi sur RMC, évoquant un choix motivé par son histoire personnelle mais également celle de Vincent Lambert.

"J’ai donc inscrit que je ne voulais pas d’acharnement thérapeutique"

"Ce n’est pas très facile de verbaliser, on ne sait pas ce qu’il faut dire exactement donc on a un papier avec des phrases pré-faites et l’on peut modifier ce que l’on a écrit. J’ai donc inscrit que je ne voulais pas d’acharnement thérapeutique et que je ne voulais surtout pas être maintenue en vie à partir du moment où il n’y avait plus rien à faire", détaille Dominique.

Dossier médical partagé

Mais comment peut–on savoir si un proche, malade et dans l'incapacité de communiquer, a rédigé des directives anticipées ? "Grâce au dossier médical partagé", explique Jimmy, qui a lui aussi déjà choisi de refuser l'acharnement thérapeutique. "J’ai reçu un email de ma caisse d’assurance maladie me proposant de créer un dossier médical partagé sur un site gouvernemental. Ce document autorise tout médecin à consulter mon dossier médical, mes ordonnances passées etc ", précise-t-il.

Par ailleurs, une copie des directives anticipées doit être transmise au médecin traitant. En cas de décision à prendre, le personnel médical, connaissant le choix "sans ambiguïté" du patient, est alors habilité à prendre une décision rapidement.

Guillaume Dussourt