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Européennes: "Chez LR, c’est Game of Thrones puissance 15", pour Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Frabrice Lhomme et Gérard Davet, journalistes au Monde et auteurs de "La Haine, les années Sarko", explique l'ambiance au sein de la droite française.

La défaite de la droite aux élections européennes, était-elle prévisible? La liste de François-Xavier Bellamy a seulement recueilli 8,5% des voix. Un chiffre historiquement faible pour le parti. Une nouvelle défaite après la présidentielle de 2016, où François Fillon avait payé dans les urnes ses démêlés avec la justice. 

Cette gifle reçue pose la question du maintien ou non de Laurent Wauquiez à la tête du parti. Elle a en tout cas relancé les dissensions au sein même des Républicains. C’était notamment le cas de Jean-François Copé qui a appelé sur RMC mardi matin à la démission du président du parti. Eric Woerth et Valérie Pécresse ont posé la question de l'"incarnation" du parti lors d’une réunion du bureau politique lundi soir. 

"La classe politique française de droite a plusieurs particularités. La première, c’est qu’elle cumule les casseroles judiciaires. Ça avait bien commencé avec Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy avait brillamment repris le flambeau, et Fillon a achevé le parcours d’une manière remarquable. Et puis la seconde caractéristique, c’est la capacité qu’ont les différents visages de la droite pour se taper dessus et se tuer les uns les autres. Il y a des guerres qui sont des guerres personnelles", estime Fabrice Lhomme, reporter au Monde.

François-Xavier Bellamy, trop gentil

Pour lui, le paysage de désolation qu’est celui de la droite actuellement est donc le résultat de ces guerres fratricides. Un avis appuyé par son confrère Gérard Davet.

"Ces gens-là ne se supportent pas. Ils veulent prendre la place du chef. C’est Game of Thrones puissance 15. Et donc toutes ces détestations ont abouti à ces batailles d’ego qui ont fini par déboucher une situation d’absolue désolation. C’est Hunger Games, la droite", affirme-t-il. 

Surtout, ils expliquent aussi qu’il n’y a pas de renouvellement de la classe politique chez Les Républicains. "À droite, vous observez le bureau politique qui s’est réuni lundi soir, il n’y a pas de relève. La relève, c’est Geoffroy Didier, mais même lui, il est là depuis longtemps", explique-t-il. 

La seule relève semble donc être celui qui était tête de liste pour les Européennes, mais qui semble presque trop gentil, trop tendre. Lors de la réunion politique des Républicains, François-Xavier Bellamy s’est excusé. Une attitude qui n’a visiblement pas plu à Michel Alliot-Marie, qui lui a répondu: "En politique, on ne s’excuse pas, on agit".

Guillaume Descours