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Caudry: des salariés de Buitoni manifestent pour sauver leur usine un an après le scandale sanitaire

L'usine Buitoni de Caudry est à l'arrêt depuis une dizaine de jours. Une décision de Nestlé, qui avance une chute des ventes. C'est dans cette usine qu'étaient produites les pizzas surgelées à l'origine de l'intoxication de dizaines d'enfants à la bactérie E-coli.

Cinq cents personnes se sont rassemblées ce lundi à Caudry, pour dénoncer la mise à l’arrêt de l'usine Buitoni il y a une dizaine de jours. C'est dans cette usine du Nord qu'étaient produites les pizzas surgelées suspectées d'avoir provoqué il y a un an la mort de deux enfants et l'intoxication de dizaines d'autres par la bactérie E-coli.

Si l'usine a repris brièvement du service après une fermeture de neuf mois, depuis le 2 mars, la production est à l'arrêt sur décision de la maison mère, Nestlé. En cause, la chute des ventes. Au total, ce sont près de 140 emplois qui sont menacés.

En sortant d’une réunion avec le ministre de l’Industrie, Roland Lescure, et les dirigeants de Buitoni, Stéphane Derammelaere, délégué syndical FO, douche les espoirs de ces salariés.

“Soit c’est une restructuration, soit c’est une fermeture de l’usine. Nous, on attend énormément des pouvoirs publics”, appuie-t-il.

Quelques heures plus tôt, Roland Lescure s’était dit "pas satisfait" des réponses de la direction. Il a donné quinze jours à Nestlé pour "revenir avec des solutions concrètes". “La solution, c’est à Nestlé de l’apporter et on ne sait pas s’ils voudront le faire”, pointe Franck, un employé. Il a peu d'espoir. “On a l’impression d’être l’usine à dégager en fait”, explique-t-il.

"On se dit qu’on a malheureusement tué des enfants"

Delphine est salariée depuis 30 ans. Elle se sent abandonnée par Nestlé depuis le scandale sanitaire. “Il n’y a personne qui nous comprend. Ce n’est pas de notre faute, ce qui est arrivé. Je suis maman aussi et franchement, je me mets à leur place”, assure-t-elle. Des pensées pour les familles des victimes, Didier en a aussi.

“On se sent sali, on se sent sale. On se dit qu’on a malheureusement tué des enfants et j’en suis encore désolé pour ces personnes. Je suis de tout cœur avec ces personnes-là”, appuie-t-il.

Ce mardi matin, ces 140 salariés se mobiliseront encore une fois devant leur usine. Ils réfléchissent aussi à interpeller la direction à Paris.

Maryline Ottmann avec Guillaume Descours