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Hausse du prix du gaz: comment éviter de payer trop cher?

Gaz: le tarif réglementé va augmenter de près de 10% en juillet

Gaz: le tarif réglementé va augmenter de près de 10% en juillet - AFP

RMC vous donne quelques conseils pratiques pour éviter de faire grimper le montant de la facture.

Les prix du gaz ont augmenté de 56% depuis le 1er janvier 2021. En moyenne, cela fait une augmentation de 450 euros a calculé l'association de consommateurs UFC-Que-Choisir. Le gouvernement, confronté à une flambée du prix des énergies et notamment du gaz, a annoncé mardi des mesures "avant la fin octobre" pour désamorcer les risques d'un mouvement de protestation rappelant les gilets jaunes en pleine campagne présidentielle.

Lundi, le régulateur de l'énergie a annoncé une hausse de 12,6% TTC au 1er octobre des tarifs réglementés du gaz appliqués par Engie, dans le sillage de la hausse des cours sur le marché. Les prix sont à des niveaux élevés en Europe pour diverses raisons: stocks bas, forte demande en Asie, incapacité de la Norvège et de la Russie à augmenter leurs livraisons.

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Le sujet est d'autant plus épineux qu'une hausse des tarifs réglementés de l'électricité devrait suivre normalement en début d'année prochaine. L'UFC-Que choisir craint une augmentation de 10%. 

C'est donc une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui se chauffent au gaz, mais qui est vraiment concerné? Il faut savoir que les fameux tarifs réglementés du gaz sont en train de disparaitre... Même Engie ne les commercialise plus. Et pour ceux qui y sont encore abonnés, ce sera terminé en 2023.

En tous cas, cette nouvelle hausse concerne bien les tarifs réglementés qui augmentent, mais mécaniquement cale va tirer vers le haut les autres tarifs qui sont indexés sur ce dernier. A noter aussi que les autres fournisseurs vont également augmenter leurs prix.

Alors, comment faire pour éviter de payer son gaz trop cher?

Pour faire des économies, ça vaut vraiment le coup d'utiliser un comparateur de prix. En fonction des offres, on peut payer moins cher: vous pouvez faire le test avec le comparateur du Médiateur de l'énergie - qui n'est pas rémunéré par les fournisseurs. 

Autre solution: participer à ce qu'on appelle des "enchères inversées". Ce sont des consommateurs qui se regroupent pour obtenir des tarifs plus intéressants.

Enfin, pour ne plus avoir à subir ces hausses à répétition, il peut être intéressant de prendre un contrat à prix fixe sur une ou plusieurs années. Ce sera peut-être un petit peu plus cher mais vous avez la garantie que ça ne va pas augmenter et vous avez de la visibilité sur vos factures...

Supprimer les taxes?

Autre solution, politique cette fois: il faut prendre immédiatement des mesures drastiques en réduisant les taxes. Pour limiter cette hausse donc, le gouvernement pourrait décider de réduire les taxes ou la TVA, qui représente 30% du prix. C'est ainsi ce que plaide Alain Bazot, le président de l'UFC-Que-Choisir. 

"La seule taxe vraiment importante qu'il y a sur le gaz c'est la TVA. Pour le moment ce n'est pas la solution que nous avons mise sur la table", a commenté Bruno Le Maire.

Le ministre de l'Economie dénonce en revanche "une aberration du marché unique de l'énergie européen" quand "la flambée du prix du gaz se répercute sur les prix de l'électricité" et indique avoir écrit au président de l'Eurogroupe pour "transformer en profondeur le marché de l'énergie européen". 

Que nous réserve l'avenir?

Le gaz aujourd'hui, l'électricité sans doute bientôt. On peut dire que la facture d'énergie des Français n'arrête pas de flamber.

Imaginez: si l'on a déjà des tensions sur le marché du gaz alors qu'on est en plein été, c'est très probable que, cet hiver, les factures explosent, quand la demande sera alors en très forte hausse au moment où on aura besoin de se chauffer.

Et puis, pour l'électricité, on peut s'attendre à une nouvelle hausse dès le 1er août... L'hiver sera chaud pour notre porte-monnaie.

Partageant cette inquiétude, l'exécutif avait déjà anticipé en annonçant dès le 15 septembre un chèque énergie exceptionnel de 100 euros pour aider près de 6 millions de ménages modestes à payer leur facture énergétique.

Engie a annoncé mardi que ses conseillers pourront accorder "des étalements de paiement". A six mois de la présidentielle, le sujet est trop inflammable pour laisser les oppositions politiques, qui multiplient les propositions, occuper seules le terrain. 

La rédaction de RMC avec AFP